Antisémitisme et antisionisme



 SÉISME À HAÏTI:

LA RÉPONSE DISPROPORTIONNÉE DE L'ÉTAT D'ISRAËL


 De nombreux pays et dirigeants du monde ont accusé l'État d'Israël de répondre de façon disproportionnée à l'agression du Hezbollah au Liban et au Hamas à Gaza. Aujourd'hui, il est temps que la presse mondiale et les médias parlent d'une autre réaction disproportionné e de ce même État d'Israël:

 

La catastrophe du terrible tremblement de terre en Haïti a généré des réponses provenant de nombreux pays. Les États-Unis ont envoyé des fournitures et du personnel, la Grande-Bretagne a envoyé 64 sapeurs-pompiers et 8 volontaires, la France a envoyé des troupes pour la recherche et le secourisme. Beaucoup d'autres grandes et riches nations du

monde ont envoyé del'argent.

Le monde Arabe et musulman,    rien.

Israël, une nation de 7,5 millions d'habitants, a envoyé une

équipe de 220 personnes comprenant des équipes de recherche et de sauvetage, du personnel médical, et a mis en place le premier et le plus grand hôpital de campagne en Haïti, capable de soigner jusqu'à 5000 personnes par jour. À Haïti, 1sauveteur sur 8 est israélien. Comme lors des catastrophes sismiques antérieures, à Gujarat en Inde en 2001, en Turquie, pour les attentats au Kenya etc., Israël a été l'un des fournisseurs les plus généreux d'aide et d'assistance.

La Turquie, avec son gouvernement qui fricote avec l'Iran, semble avoir totalement oublié la tragédie Haïtienne.

La mission n°1 de l'ONU est la démolition d'Israël. Un nombre sidérant de ses "résolutions" ont été adoptées condamnant Israël, pendant que toutes les nations dites "démocratiques" , telles que le Soudan, la Chine et la Russie dorment tranquilles avec leurs crimes contre leurs minorités et autresatrocités.

Mr LE JUGE GOLDSTONE ! OÙ ÊTES-VOUS, À PRÉSENT ? MORT DE HONTE, OU BIEN EN TRAIN DE VOUS ENFOUIR LA TÊTE DANS LE SABLE ???


Aujourd'hui, le monde DOIT être au courant de la réponse disproportionné e de l'État d'Israël envers les Haïtiens.

Israël: une "success story" étonnante écrit le New York Times, journal de gauche



"Milton Friedman avait l’habitude de plaisanter en disant qu’Israël réfute à lui seul tous les stéréotypes juifs. Auparavant, les gens pensaient que les Juifs étaient des bons cuisiniers, des bons gestionnaires économiques et de mauvais soldats, Israël leur a donné tort sur toute la ligne. [...] Malgré une décennie faite de sinistres présages, Israël est devenu une "success story" étonnante…"


L'éditorialiste du New York Times (journal de gauche, faut-il le rappeler), David Brooks [photo] a publié un article sur le thème des Juifs, d'Israël et de l’économie. (Source: actu.co.il, article original "The Tel Aviv Cluster")


"Les Juifs forment un groupe ethnique accompli. Ils représentent 0,2% de la population mondiale, mais 54% des champions du monde d’échecs, 27% des lauréats du prix Nobel de physique et 31% des lauréats de la médecine.


Les Juifs représentent 2% de la population américaine, mais 21% du corps étudiant Ivy League (meilleurs étudiants), 26% des personnes honorées par le Kennedy Center, 37% des vainqueurs du trophée des directeurs académique, 38% de ceux figurant sur la liste de Business Week sur les plus grands philanthropes, 51% des lauréats du prix Pulitzer.


Dans son livre, "The Golden Age of Jewish Achievement", Steven L. Pease énumère quelques-unes des explications à ces réalisations. La foi juive encourage le progressisme et la mise en avant de la responsabilité personnelle. Elle est axée sur l’apprentissage, et non fondée sur le rite. La plupart des Juifs ont abandonné ou ont été contraints d’abandonner l’agriculture au Moyen Age, leurs descendants n’ont pourtant jamais oublié le passé et l’histoire de leur peuple. Ils ont souvent migré, avec, en migrant, l’ambition d’avoir une vie meilleure. 


Une seule explication ne peut expliquer pleinement pourquoi les Juifs sont si aptes à réussir leurs réalisations. 

Le plus drôle, c’est qu’Israël n’a pas toujours été le plus fort et les Juifs de la Diaspora ont souvent été largement en avant. Et pour cause, au lieu d’investir dans la recherche et le commerce, les Israéliens ont été contraints de consacrer leurs énergies à se défendre ou à choisir un premier ministre.


Milton Friedman avait l’habitude de plaisanter en disant qu’Israël réfute à lui seul tous les stéréotypes juifs. Auparavant, les gens pensaient que les Juifs étaient des bons cuisiniers, des bons gestionnaires économiques et de mauvais soldats, Israël leur a donné tort sur toute la ligne. Mais cela a changé. Réformes économiques de Benjamin Netanyahu, arrivée d’un million d’immigrants de Russie et stagnation du processus de paix ont produit un revirement historique. Les Israéliens les plus débrouillards se lancent dans la technologie et le commerce, non plus dans la politique. Cela a eu un effet "à bâtons rompus" sur la vie publique de la nation, mais cela a également apporté une phase très stimulante sur son économie.


Tel-Aviv est devenue l’une des plus grandes places mondiales où l’esprit d’entrepreunariat est mis en avant. Israël a plus monté de start-up par habitant (et de loin) par rapport au reste du monde. Cette ville précède le monde sur bien des points: la recherche civile et le développement des dépenses par habitant. Il se classe deuxième derrière les États-Unis par le nombre de sociétés côtées sur le Nasdaq. Israël, avec sept millions de personnes, attire des investissements "capital-risque" plus élevés que celui de la France et l’Allemagne réunis.


Comme Dan Senor et Saul Singer l’écrivent dans "Start-Up Nation: L’histoire du miracle économique d’Israël", Israël a maintenant mis en place un pôle d’innovation classique, un lieu où les technologies de pointe sont développées à côté d’autres start-up et où les idées des uns viennent nourrir les projets des autres.

En raison de sa force économique, Israël a résisté à la récession mondiale comme peu d’autres nations. Le gouvernement n’a pas eu à renflouer ses banques ou à déclencher une explosion des dépenses à court terme. Au lieu de cela, Israël a utilisé la crise pour consolider son économie sur le long terme en investissant dans la recherche et développement et dans les infrastructures… Ce qui a fait augmenter certaines taxes à la consommation… Mais qui promettent également de réduire d’autres impôts gérés pour le court et moyen terme. Les analystes de la banque Barclays écrivent qu’Israël est "le pays qui a, historiquement, les meilleures reprises économiques d’Europe, du Moyen-Orient et d’Afrique".


La réussite technologique d’Israël est l’aboutissement du rêve sioniste. Le pays n’a pas été créé pour que les nouveaux immigrants vivent au milieu de milliers de Palestiniens en colère à Hébron. Israël a été fondé afin que les Juifs aient un endroit sûr pour se rassembler et pour créer des innovations que le monde entier utilisera.


Ce changement dans l’identité israélienne a des implications à long terme. Netanyahou prône la vision optimiste: celle qui dit qu’Israël va devenir le Hong Kong du Moyen-Orient, avec des avantages économiques qui se répandraient dans tout le monde arabe. Et, de fait, il y a des éléments de preuve pour étayer ce point de vue dans des endroits comme la Cisjordanie (Judée-Samarie) et la Jordanie.


Mais il est plus probable que le bond en avant économique d’Israël va creuser le fossé entre lui et ses voisins. Tous les pays de la région disent encourager l’innovation. Certains Etats riches en pétrole dépensent des milliards en essayant de construire des centres de recherche scientifique pointus. Mais des endroits comme la Silicon Valley et Tel Aviv ont étés créés grâce à une confluence des forces culturelles… Pas grâce à l’argent. Les nations environnantes n’ont pas la tradition de libre échange intellectuel et la créativité technique. Voilà leur problème principal. Par exemple, entre 1980 et 2000, les Egyptiens ont enregistré 77 brevets aux Etats-Unis, les Saoudiens 171. Les Israéliens 7652. Les chiffres parlent.


Malgré une décennie faite de sinistres présages, Israël est devenu une "success story" étonnante…

"Les Palestiniens sont victimes d’une injustice inacceptable!"

 

Les Palestiniens sont victimes d’une injustice inacceptable. Soit. Depuis soixante ans, sans relâche, les médias du monde entier se focalisent sur ce conflit.

On se dit tout de même que la rentabilité injustice/information est très faible, si l’on ne considère que le rapport entre le nombre de morts et la quantité de papiers et d’images déversés sur le monde en général, et les masses arabes en particulier. Même rentabilité faible si l’on prend en compte la quantité de personnes concernées, importante certes, mais moins qu’en d’autres lieux de la planète. Quant aux atrocités commises, n’en parlons pas, une plaisanterie.

Au nombre de morts, de réfugiés, d’horreurs, il y a beaucoup mieux, un peu partout. Remarquons, à titre d’apéritif, qu’avec la meilleure volonté du monde, Tsahal aura du mal à exterminer autant de Palestiniens que l’ont fait, sans états d’âmes, les régimes arabes de la région, notamment la Syrie, le Liban et la Jordanie, qui n’en veulent pas, eux non plus, des Palestiniens, et qui ont peu de scrupules humanitaires lorsqu’il s’agit de s'en débarrasser. Mais Israël est un coupable idéal, non seulement dans nos banlieues, mais en Europe en général.

Nous le chargeons de toute notre mauvaise conscience d’anciens colonisateurs. Une poignée de Juifs qui transforme un désert en pays prospère et démocratique, au milieu d’un océan de dictatures arabes sanglantes, de misère, d’islamisme et de corruption, voilà un scandale. Il faut donc bien que cela soit intrinsèquement coupable, sinon où serait la justice ? L’injustice est avant tout israélienne. Ce n’est même pas un fait, c’est une métaphysique. Cent chrétiens lynchés au Pakistan valent moins, médiatiquement parlant, qu’un mort palestinien. Pourquoi l’injustice commise envers les Palestiniens reçoit-elle vingt fois plus d’écho que celle faite aux Tibétains, aux Tamouls, aux chrétiens du Soudan, aux Indiens du Guatemala, aux Touaregs du Niger, aux Noirs de Mauritanie ? Y a-t-il plus de gens concernés, plus de sang versé, une culture plus menacée dans son existence ? En fait, ce serait plutôt l’inverse. Que la Papouasie soit envahie par des colons musulmans qui massacrent les Papous et trouvent, en plus, inacceptable de voir les rescapés manger du cochon, voilà qui ne risque pas de remporter un franc succès à Mantes la Jolie. Que des sales Nègres, considérés et nommés comme tels, soient exterminés par des milices arabes au Darfour, les femmes enceintes éventrées, les bébés massacrés, voilà qui ne soulève pas la colère des jeunes des cités.

Et c’est dommage : si l’on accorde des circonstances atténuantes à un jeune Français d’origine maghrébine qui s’en prend à un Juif à cause de la Palestine, alors il serait tout aussi logique de trouver excellent que tous les Maliens, Sénégalais ou Ivoiriens d’origine s’en prennent aux Algériens et aux Tunisiens. Voilà qui mettrait vraiment de l’ambiance dans nos banlieues. Le racisme franchement assumé des Saoudiens ou des Emiratis envers les Noirs, les Indiens ou les Philippins, traités comme des esclaves, ne soulève pas la vindicte de la tribu Ka, ni des Noirs de France. La responsabilité directe des Africains dans la traite des Noirs n’induit pas des pogroms de guinéens par les Antillais. Pourquoi seulement Israël ?

A moins que la haine d’Israël ne soit que le paravent du bon vieil antisémitisme ; mais non, cela n’est pas possible, bien entendu. Israël, 20.000 km2, 7 millions d’habitants, dont 5 millions de Juifs, est responsable du malheur des Arabes, de tous les Arabes, qu’ils soient égyptiens, saoudiens ou français. Israël est l’Injustice même. En le rayant de la face du globe, en massacrant les Juifs, on effacerait l’injustice. C’est bon, de se sentir animé par une juste colère. C’est bon, d’éprouver la joie de frapper et de persécuter pour une juste cause. Voilà pourquoi il ne faut pas dire aux “jeunes des cités” que les deux millions d’Arabes israéliens ont le droit de vote, élisent leurs députés librement. Ne leur dites pas qu’Israël soutient financièrement la Palestine. Ne leur dites pas que des milliers de Palestiniens vont se faire soigner dans les hôpitaux israéliens.

Ne leur dites pas que l’université hébraïque de Jérusalem est pleine de jeunes musulmanes voilées. Ne leur demandez pas où sont passés les milliers de Juifs d’Alexandrie. Il en reste trente aujourd’hui. Ne leur demandez pas ce qu’il est advenu de tous les Juifs des pays arabes. Ne leur demandez pas s’ils ont le droit au retour, eux aussi. Ne leur demandez pas quelle est la société la plus “métissée”, Israël ou la Syrie. Ne leur dites pas que, s’il y a de nombreux pro-palestiniens en Israël, on attend toujours de voir les pro-israéliens dans les pays arabes. Ne leur dites pas que le négationnisme ou l’admiration pour Hitler ne sont pas rares dans les pays arabes ; que, lorsqu’il s’est agi d’illustrer les différentes cultures par leurs grands textes, la bibliothèque d’Alexandrie a choisi d’exposer, pour le judaïsme, le Protocole des Sages de Sion ; que ce ‘faux’ antisémite est largement diffusé dans les pays arabes. Ne leur dites pas que, du point de vue des libertés, de la démocratie et des droits de l’homme, non seulement il vaut mille fois mieux être arabe en Israël que juif dans un pays arabe, mais sans doute même vaut-il mieux être arabe en Israël qu’arabe dans un pays arabe.

Ne leur dites pas qu’Alain Soral, du Front national, qu’ils détestent tant, est allé manifester son soutien au Hezbollah, qu’ils admirent si fort.Si on leur enlève la méchanceté d’Israël, que deviendront ceux d’entre eux qui s’en prennent aux feujs, sinon des brutes incultes, bêtement, traditionnellement antisémites ? Il ne faut pas désespérer Montfermeil. Mais après tout, on peut tout de même essayer de leur dire tout cela sans trop de risque. Ils traiteront l’informateur de menteur, d’agent du Mossad, de représentant du lobby sioniste ou de raciste.  


Ils auront raison. Pourquoi se défaire de la commode figure du Croquemitaine responsable de toute la misère du monde ? Elle évite de s’interroger sur ses propres insuffisances.


Pierre JOURDE 


 


Pierre Jourde est né à Créteil en 1955. Écrivain et critique français, il enseigne la littérature à Valence (Université de Grenoble III). Connu pour ses pamphlets ("littérature sans estomac", "le Jourde et Naulleau") contre ce que les médias (et notamment les pages littératures du journal Le Monde') présentent comme la littérature contemporaine, il est surtout l'auteur d'essais sur la littérature moderne ('Géographies imaginaires, Littérature monstre') et d'une abondante œuvre littéraire exigeante se partageant entre poésies ('Haïkus tout foutus'), récits ('Dans mon chien, Le Tibet sans peine') et romans ('Festins secrets, L'heure et l'ombre, Paradis noirs'). Il tient depuis janvier 2009 le blog "Confitures de culture" sur le site littéraire du "Nouvel Observateur" par l'intermédiaire duquel il publie régulièrement des prises de position sur des sujets de société.

Transmis par Annie Claude Chouraqui

OBAMA POUSSE ISRAËL A LA GUERRE

 

Par Bret Stephens

Wall Street Journal, le 15 septembre 2009

http://www.objectif-info.com/index.php?id=1226

Titre Original : Obama Is Pushing Israel Toward War

Traduction : Patric Choffrut pour Objectif Info

 

Le président Obama ne devrait pas sous-traiter un problème de sécurité intérieure auprès d’un autre état.

Les événements sont en train de précipiter Israël vers une frappe préventive sur les installations nucléaires iraniennes. Elle aura probablement lieu au printemps prochain. Il est possible que cette frappe échoue. Ou qu’elle réussisse au prix d’un baril de brut à 300 dollars, une guerre au Moyen Orient, et des soldats américains au milieu du terrain.

Pourquoi alors le gouvernement Obama fait-il tout son possible pour accélérer le processus de guerre ?

 

Lors du dernier G-8 en Italie, il avait été décidé que l’Iran aurait jusqu’au 1er octobre pour commencer des négociations sur ses programmes nucléaires. L’Iran a donné sa réponse la semaine dernière. C’est non.

Par contre, ce que Téhéran nous a offert, c’est un document de cinq pages en guise de pied de nez diplomatique. Il commence en regrettant "les manières de penser impies qui prévalent dans les relations internationales" et continue on suggérant des discussions approfondies sur une variété de sujets: la démocratie, les droits de l’homme, le désarmement, le terrorisme, le "respect du droit des nations" et d’autres sujets où l’Iran brille. Y manque seulement toute mention du programme nucléaire de l’Iran, qui se trouve maintenant au point de bascule – et là-dessus, insistent Mahmoud Ahmadinejad et son chef Ali Khamenei, il n’y a rien à discuter.

Que fait le président des Etats-Unis face à ce document vouant la négociation à l'échec ? Eh bien, il prétend qu'il n'en n'est rien. Les discussions commenceront donc le 1er octobre.

 

Cette position permet de persuader les dirigeants israéliens – qui sont loin d’être rassurés – que lorsque le Président Obama déclare qu’un Iran possédant l’arme nucléaire est "intolérable", c’est à peu près aussi sérieux qu’une bonne remontrance à un adolescent difficile. Cette impression se trouve renforcée par sa décision de retirer l’Iran de l’ordre du jour de la réunion du Conseil de Sécurité de l’ONU qu'il dirigera le 24 septembre ; ou quand son ministre de la défense Robert Gates s’oppose  publiquement  à des frappes militaires sur les installations nucléaires de l’Iran ; ou quand la Russie annonce qu’elle ne soutiendrait pas d’autres sanctions contre l’Iran.

 

Bref, les Israéliens en concluent que le gouvernement Obama ne lèvera pas le petit doigt pour arrêter l’Iran, la "communauté internationale" non plus. C’est la raison pour laquelle Israël poursuit une stratégie totalement différente – cherchant, dans les faits, à pousser les Etats-Unis à empêcher, ou du moins à retarder, l'attaque israélienne, par de sévères sanctions imposées à l’Iran, voire en lançant des frappes militaires de sa propre initiative.

C'est pourquoi, contrairement aux frappes aériennes contre le réacteur irakien en 1981 ou le réacteur syrien en 2007, qui avaient été planifiées dans le secret le plus absolu, les Israéliens ont tout fait pour faire connaître leurs craintes, leurs désirs, et leurs capacités militaires. Des bâtiments militaires ont traversé le canal de Suez, au vu et au su du monde entier, ils ont mené des exercices lointains de combat aérien qu’ils ont largement contribué à faire connaître. Contrairement à leur habitude, ils se sont montrés très diserts dans leurs réunions avec la presse, ne manquant pas une occasion pour exprimer leur confiance sur la capacité de leur pays à faire le boulot.

 

Or, le problème est que gouvernement Obama ne mord pas à l’hameçon, et on peut se demander pourquoi. Peut-être pense-t-il que sa diplomatie réussira, ou qu’il a tout le temps, ou qu’il peut convaincre les Israéliens à ne pas attaquer l’Iran. Ou bien son souhait secret est qu’Israël attaque l’Iran, sans donner l’impression qu’il est d’accord avec lui. Ou alors encore, il ne se préoccupe pas vraiment du problème…

 

Mais Israël est très préoccupé. Et à force de retarder le moment où il faudra que les Etats Unis montrent les dents, les Israéliens seront bien capables de sentir lemoment où il faudra procéder à ces frappes. Un rapport publié aujourd’hui par le Bipartisan Policy Center (un groupe de réflexion réunissant Républicains et Démocrates), et signé par le démocrate Chuck Robb, le républicain Dan Coats, et le général (à la retraite) Charles Ward, fait remarquer qu’avant l’année prochaine, l’Iran sera "capable de produire suffisamment d’uranium enrichi pour fabriquer une bombe… en moins de deux mois". Autre point critique qui va déterminer le calendrier israélien: la livraison attendue à l’Iran de batteries anti-aériennes russes S-300. Il est alors pratiquement certain qu’Israël devrait à frapper avant qu’elles ne soient livrées, peu importe si une bombe iranienne est fabriquée dans les deux mois ou les deux ans.

 

Une attaque d’Israël est sans doute dans l'intérêt américain, mais cela dépendra totalement de la réussite ou non de cette frappe. En tout cas, il est de l’intérêt supérieur de l’Amérique que l’Iran n’accède pas à une véritable capacité nucléaire, quel que soit le niveau de sa technicité. C’est également vrai pour le Moyen Orient, qui n’a certes pas besoin d’une course aux armements nucléaires que déclencherait inévitablement la possession de la bombe par l’Iran.

 

Et là encore, il n’est pas de l’intérêt des Etats Unis qu’Israël soit l’instrument du désarmement de l’Iran. D’une part, il n’est pas sûr qu’Israël en soit capable. Les stratèges israéliens ne se gênent pas pour nous rappeler qu’il faudra sans doute procéder à d’autres frappes dans quelques années, si l’Iran reconstruit ses installations. Et d’autre part, l’Iran pourrait répondre à une frappe israélienne, non seulement par une frappe contre Israël, mais contre les objectifs américains en Irak et dans le Golfe Persique aussi.

 

Mais le plus grave, c’est qu’il s’agirait de l‘abandon par une super puissance d’une prérogative majeure, décider de la guerre ou de la paix, et la faire sous-traiter par un autre état, fût-il un allié privilégié. Dans le cas de l’Iran, le Président Obama vient de céder au Premier Ministre Netanyahou la conduite des opérations. Il vaut mieux qu'il reprenne l'initiative et qu’il se rende compte que l’Iran n’a que faire de ses grands talents d’orateur. Et surtout qu’il n’oublie pas la formule romaine, qui est parfaitement appropriée ici, "si vis pacem, para bellum". (Si tu veux la paix, prépares la guerre)

 

Ce que nous apprend la politique d'Obama

 

Rédaction d’Objectif-info :

Voici un texte majeur, indispensable pour comprendre le tournant inauguré par la furieuse campagne publique d’Obama contre Israël menée ces derniers mois, qui l’ont conduit à ne plus recueillir que 4% des suffrages israéliens. Obama rend un sacré service aux admirateurs du petit état du Proche Orient et aux partisans de sa survie dans une région hautement hostile. Il a permis en effet de bien comprendre que les alliances liées au pétrole demeurent l’obsession numéro 1 des États-Unis, quelque soit le président, et que Washington a amoureusement capitulé, depuis longtemps, devant les lobby qui représentent ces alliances. Par ricochet Obama met aussi en évidence la pusillanimité de nombreux juifs américains, plus enclins aux diners pompeux et aux activités de représentation qu’à l’atteinte de résultats. Leur stratégie est à repenser du tout au tout. Enfin l’article de Sultan Knish pointe la faiblesse évidente d’Israël et son influence nécessairement limitée dans une région aux enjeux majeurs. C’est sur la base de ces réalités amères et non de fantasmes creux et commodes qu’Israël doit trouver son chemin et que ses soutiens doivent repenser leur action.

 


Deux contrevérités liées entre elles sont au cœur de tous les débats au sujet d’Israël en Amérique. La première affirme que la route de la paix au Moyen-Orient est entre les mains d’Israël. La seconde est qu’Israël influence la politique américaine à son profit. Ces mystifications ne sont pas le produit de l'ignorance ou du malentendu. Elles découlent d'une campagne de propagande efficace menée par des individus en costume et cravate, les représentants officieux du lobby saoudien qui domine la politique américaine au Moyen-Orient. Cette campagne a eu pour objectif d’imposer l’idée qu’Israël est l'axe autour duquel le Moyen-Orient et l'Amérique tournent, afin d’en faire la cible de tous les tirs. Et c'est une campagne qui a méchamment réussi jusqu'ici.

 

A présent, arrêtons-nous un moment sur ces mystifications.

 

Au sein du Moyen-Orient, Israël est matériellement insignifiant. Avec 8.500 miles carrés, Israël ne s’ajuste pas tout à fait à la taille de la Pennsylvanie : En un mot, Israël est plus petit en surface et en population que tous les pays qui sont à ses frontières. Si on regardait le Moyen-Orient depuis l'espace, on couvrirait la totalité d’Israël avec l’ongle.

 

Israël a vaincu militairement tous ces pays et il a la meilleure armée de la région. Mais c’est parce que si ce n’était pas le cas, il n'existerait plus. La puissance militaire d’Israël n’est pas le produit d’une volonté de conquête, mais la condition du maintien de son intégrité territoriale et de la protection de ses citoyens contre des agressions. Les voisins d’Israël n'ont jamais dû travailler aussi dur et dépenser autant pour leurs propres forces armées parce qu'ils n'en n’ont pas vraiment eu besoin. Pour eux une armée forte ne relève pas d’une stratégie de survie, ce n’est qu’une option.

 

Tout ceux qui tempêtent à n’en plus finir sur les implantations israéliennes en Cisjordanie et à Gaza comme preuve que ce pays veut s’approprier des terres, oublient que la Jordanie avait annexé la Cisjordanie deux ans seulement après que ses forces s’en soient emparées lors de la guerre d'indépendance d’Israël de 1948. Israël n'a pas annexé la Cisjordanie, même après quatre décennies, et il l’a inclue dans des négociations de paix année après année. Ce n'est pas la politique d'un régime agressif, affamé de terres. Ce n'est pas le comportement d'un pays qui maintient ses voisins éveillés tard la nuit. Alors que pendant un demi siècle les dirigeants israéliens ont passé leurs nuits à s’inquiéter d'une guerre, ses voisins savaient que la guerre dépendait d’options qu’ils choisiraient eux-mêmes.

 

Ce que cela signifie, c’est qu’en réalité Israël a très peu d’influence au-delà de ses frontières. De petite taille, sans projet expansionniste hors de ses frontières, étant l’un des deux seuls états non-arabes et le seul état non-musulman de la région… l’impact d’Israël sur le reste du Moyen-Orient est étonnamment limité. Pour obtenir une image correcte du rôle d'Israël au Moyen-Orient, il faut imager que Singapour s’échoue dans une région de l'Afrique déchirée par la guerre. Il peut être attaqué, résister, mais il ne peut pas avoir une réelle influence sur la situation locale.

 

C'est pourquoi Israël reste étranger aux chambardements de la région. Le glissement du nationalisme arabe à l'islamisme, les matraquages et les effusions de sang entre Chiite et Sunnites sont des événements qu’Israël observe à distance. Israël n'est pas partie prenante des conflits idéologiques du Moyen-Orient, parce qu'il ne partage pas la religion, l’identité ethnique ou quoi que ce soit d’autre avec ses voisins. Ses relations diplomatiques avec eux sont essentiellement formelles, jamais intimes. En conséquence, Israël a très peu influence politique sur le Moyen-Orient, et le peu d'influence qu’il a s’exerce sur ses voisins immédiats, comme le Liban et la Jordanie, qui sont eux aussi assez petits à l'échelle du Moyen-Orient.

 

En outre Israël et ses voisins se trouvent dans la partie du Moyen-Orient qui a perdu de son importance en raison de son absence de pétrole. Il fut un temps où l'Égypte et la Jordanie étaient considérées comme les principaux acteurs régionaux, mais elles ont toutes deux été marginalisées il y a bien longtemps par le pétrole de la riche Arabie Saoudite, de l’Iran et des Émirats arabes unis, qui n’ont pas de frontières avec Israël. Alors que les diplomates et les experts sont obsédés par la Cisjordanie et Gaza, les évènements qui se déroulent dans cette zone n’ont pratiquement aucun impact sur ce qui se produit là où se trouvent le pétrole et la puissance.

 

La route de la paix au Moyen-Orient ne passe pas par Israël, et pas même à proximité de ce pays. Un coup d’œil rapide sur une carte montre à quel point on s’écarte du sentier battu d’Israël quand on s’approche véritablement du pétrole et des enjeux de pouvoir d’importance mondiale. Ce n'est pas le fantasme du lobby israélien sur le modèle des Protocoles des Sages de Sion qui fixe les données de la puissance globale au Moyen-Orient, c’est la propriété du pétrole. Et si Israël possède de l'huile d'olive en abondance, ce n’est pas le genre d'huile qui intéresse le monde.

 

Depuis les années 70, la véritable lutte pour le pouvoir au Moyen-Orient s’est déportée vers les états riches en pétrole, vers l’Iran, l’Irak, l’Arabie Saoudite et les état du Golfe. L'Iran et l'Irak ont choisi d’édifier des armées, l’Arabie Saoudite et les état du Golfe ont plutôt investi dans l’influence politique à Washington et ils laissent les États-Unis combattre pour leur compte. Cette stratégie a été payante dans la guerre du Golfe et lors de l’opération Liberté de l’Irak qui ont libéré le Koweït et permis à l'Arabie Saoudite d’éloigner la botte de Saddam de sa gorge. Israël n'a jamais été soumis par Saddam à un risque excédant quelques bombes et roquettes. En revanche l'Arabie Saoudite et le Koweït jouaient leur survie.

 

Une fois Saddam hors jeu, l'Iran et l'Arabie Saoudite ont financé des insurrections Sunnites et Chiites en Irak pour s’emparer de son pétrole. Comme position de repli au cas où l'Iran parviendrait à avaler l'Irak avant de s’en prendre à eux, les cheiks et les princes continuent de faire des investissements énormes sous forme de participations dans des compagnies et d’acquisitions de propriétés en Amérique et en Europe, pour le cas où ils devraient prendre rapidement un avion et s’éloigner de la région.

 

Que l’on raye Israël de la région, comme tant de diplomates et d’experts le voudraient, et ce tableau resterait exactement le même. Alors quelle est l’influence d’Israël dans la région, et pourquoi le chemin de la paix moyen-orientale passe-t-il par lui ? La réponse est que ce n’est pas vrai. Il y a des diplomates qui choisissent de critiquer l’alliance de l’ Amérique avec Israël à cause de ses problèmes d'image, mais les alliances sont dictées par des intérêts. L'alliance de l'Amérique avec Israël, tout comme avec l’Arabie Saoudite, est l’expression d'intérêts, pas d’émotions. L’hostilité de l'Iran envers l'Amérique est le produit d’une hostilité religieuse, d’une l'animosité historique et de sa volonté de mettre la main sur le Moyen-Orient autant qu’il sera en son pouvoir.

 

Tournons-nous à présent vers Washington. Le mythe de la toute-puissance du lobby d’Israël a été activement mis sur le marché depuis des décennies. Mais jetons un coup d'œil sur ce qu’est vraiment la puissance de ce lobby.

 

Si le soi-disant lobby est si puissant, pourquoi après toutes ces décennies, les États-Unis n'ont-ils pas reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël ? Les candidats à la présidence américaine rendent rituellement visite à l’AIPAC pour promettre que Jérusalem sera reconnue comme capitale d’Israël. Bill Clinton l'a fait, Bush a promis que ce serait l'un des premiers actes de son mandat, Obama l'a garanti. Et une fois en charge, non seulement ils ne tiennent pas leur promesse, mais ils signent rituellement des documents qui empêchent Jérusalem de recevoir le statut de capitale d’Israël.

 

Il n’y a qu’une nation dont la capitale n'est pas reconnue par les États-Unis. Les médias dominants et les nombreux membres officieux en costume et cravate du lobby saoudien font croire que cette nation contrôle aussi l’Amérique. L’histoire d’un lobby israélien puissant devant lequel tout le monde tremble à Washington n’est pas compatible avec ce seul fait, ni avec beaucoup d'autres.

 

Par exemple, dans tous les accords de paix passés sous médiation américaine Israël a abandonné des terres et n'a jamais acquis un territoire quelconque à titre permanent. Si Israël est bien expansionniste et s’il contrôle le gouvernement des États-Unis, n’aurait-on pas pris une autre direction ? Ainsi à Camp David, Carter fit pression sur Begin pour qu’il cède des terres qui représentaient plusieurs fois la surface d’Israël. Carter n'a pas exercé de pressions sur Sadate pour qu’il abandonne des terres à Israël. Au cours du processus de paix avec l’OLP, les quatre dernières administrations américaines ont fait pression sur Israël pour qu’il transfère un territoire de dimension considérable sous le contrôle de cette organisation. A aucun moment il n’a été prévu que l'Égypte et la Jordanie fassent de même. Est-ce que tout cela ressemble aux résultats d’un puissant lobby israélien ?

 

Les défenseurs du slogan "Israël mène Washington par le bout du nez" affirmeront que les États-Unis auraient dû exercer beaucoup plus de pressions sur Israël. Comme si Israël pouvait faire plus sans commettre un suicide. Pourquoi alors les États-Unis n’ont-ils pas fait pression sur la Turquie pour mettre un terme à son occupation de Chypre, pourquoi n’ont-ils pas exigé que l'Espagne crée un état pour les Basques ? Le lobby turc et le lobby espagnol sont plus puissants que le lobby israélien. Ou alors Israël est pris pour cible par les soins d’un lobby beaucoup plus influent, celui d’Arabie saoudite.

 

Le "lobby d’Israël" s’occupe principalement des négociations liées au commerce d’armements entre les États-Unis et Israël en partie au titre de l’aide étrangère, et des résolutions non contraignantes du Congrès qui ont autant de force qu'une décision municipale qui baptiserait le mardi, Journée Mondiale des Brins d’Herbe. La plupart des membres du Congrès sont étiquetés comme pro-israéliens, principalement parce que c’est facile, que cela ne leur coûte rien et leur permet d’engranger quelques voix ci et là. Il est assez facile de voter ou de parrainer une résolution pro-israélienne ponctuelle qui n’aboutira qu’à accumuler de la poussière sur des étagères, parce qu’elle ne sera pas appliquée. C’est si ridiculement facile que même Barack Obama l'a fait. Elles ont si peu de signification qu'aucun président ne les prend au sérieux. Toute mesure qui a une force juridique réelle est régulièrement présentée sous une forme telle que le président peut l'écarter ou la mettre de côté si elle interfère avec la politique de l'administration. C’est exactement ce qui arrive presque toujours.

 

La plupart des membres du Congrès peuvent ainsi faire état de leur vote ou de leur parrainage d’une résolution pro-israélienne au moment des élections, devant des auditoires juifs crédules qui ne comprennent pas que l’acte 2012 sur l’Amitié avec Israël, l’acte 2043 sur l’Interdiction des dons aux terroristes, ou l’acte « Cette fois, nous le ferons vraiment » ont autant d’utilité pratique qu’un téléphone cellulaire au Sahara. Et que les membres du Congrès réellement partisans d’Israël sont rares quand la question est importante. Leur prise de parti pour Israël est un exercice de relations publiques. Tout cela ne ressemble pas à l’emprise d’un puissant lobby sur un gouvernement. Si l’on veut s’en rendre compte, il suffit de jeter un coup d'œil sur les lobbyistes de l’industrie pharmaceutique ou de l'industrie du câble. Ou sur le lobby saoudien qui, au lieu de perdre son temps avec des dîners à base de poulet caoutchouteux pour les politiciens, a construit un réseau dense de contacts, des lobbyistes officieux en costume cravate, d’anciens politiciens, des diplomates et des journalistes qui sont des experts de la promotion de l’agenda de ce pays.

 

Pour déterminer la puissance d'un lobby, il faut voir ce qu’il peut faire quand la question est importante, et quand les circonstances sont défavorables. Un conflit frontal entre les lobbys pro-israélien et pro-saoudien sur la vente d'AWACS (*) à l'Arabie Saoudite s’est achevé par une victoire saoudienne, en dépit de l’opposition de l’opinion publique et du Congrès à cette opération. Le lobby israélien prenait la parole avec éloquence en public. Le lobby saoudien manœuvrait en coulisses. Et comme cela s’est produit quand l'Arabie Saoudite a pris le contrôle de ARAMCO (**), et a forcé les États-Unis à payer aussi pour cela,… le lobby saoudien a gagné.

 

Voila en quoi consiste un lobby qui contrôle Washington. Il n’affiche pas la plaque du fabriquant. Il ne perd pas son temps avec des dîners où l’on mange du poulet caoutchouteux. Il finance une foule d'organismes dirigés officiellement par des Américains qui ont de l'influence et du pouvoir à Washington. Il leur donne des fonds pour cultiver des relations, pour bâtir des cercles de réflexion et établir des liens dans les coulisses. Il ne se préoccupe pas de savoir s'il a affaire à des Républicains ou des Démocrates. On va avec un, on va avec tous. On peut vous employer vous aussi. Et l’on s'assure que personne ne remarque vraiment ce qui est en train de se faire. Au lieu de cela nous nous enlisons dans une propagande bien conçue pour propager l'idée que les juifs contrôlent Washington, sachant qu'il y aura une abondance de preneurs enthousiastes pour vous passer du cirage et disparaître dans le même mouvement.

 

Si on cherche ce que de nombreuses personnalités, parmi les plus puissantes des dernières administrations ont en commun, la réponse simple, c’est le pétrole. Le pétrole saoudien. La femme en charge de la politique étrangère de la deuxième période de l'administration Bush, Condoleeza Rice, n'avait pas son nom inscrit sur la coque d’un pétrolier israélien, mais sur celle d’un pétrolier de la compagnie Chevron (***), l'ancienne maison mère d’ARAMCO. L'homme qui domine en toute quiétude la politique étrangère américaine sous Obama, James L. Jones, ne participait pas au conseil d'administration de Manischewitz (****), il participait au même conseil d'administration que Rice autrefois, celui de Chevron. Et Rice a fait tout son possible pour qu’il soit désigné pour la remplacer.

 

Mais bien sûr, probablement personne ne peut croire à une théorie du complot délirante comme celle-ci, pas même quand la réponse prévisible est que le lobby israélien contrôle Washington et formule des demandes qui forcent les administrations l’une après l’autre à lui faire remettre des terres à ses pires ennemis. Et qu’il contraint parce qu’il a ses raisons, les administrations successives à ne pas reconnaître sa capitale, et les encourage à le menacer constamment et à l'empêcher de se défendre.

 

Le lobby pro-israélien est une parodie, un bijou pour des gens qui ont trop de temps à leur disposition et pas assez de subtilité. Si la moitié des discours sur le lobby d’Israël était vrais, Israël aurait quatre fois la taille qu'il a aujourd'hui, avec les frontières sûres et pas de problème de terrorisme. En lieu et place, Israël a subi des pressions qu’aucun autre pays n’a connu, pour apaiser et arranger des terroristes aux dépens de la vie de ses citoyens, de sa sécurité nationale et même de sa survie… à cause d’une politique étrangère taillée sur mesure pour satisfaire les intérêts saoudiens.

 

La grande mystification au sujet d’Israël est qu’il est fort à Washington et puissant au Moyen-Orient. La vérité réelle, c’est qu’Israël est un pays minuscule qui suscite l’affinité émotionnelle d'un pourcentage limité de Juifs et de Chrétiens, dont la diplomatie est maladroite, et l'influence régionale faible, dont les militaires sont handicapés par l’idéologie compassionnelle de gauche et dont les chefs préfèrent négocier que combattre… jusqu'à ce qu'ils n’aient plus le choix.

 

Cette fumisterie vise à créer l’image d’un Israël fort et à le placer au centre de tous les problèmes pour en faire le clou qu’il faut marteler pour que tout tienne bien droit. La manière la plus simple de dissiper ce mensonge est d’observer simplement la réalité du Moyen-Orient et de voir qu’Israël disparaît derrière un simple ongle.

 

Note du traducteur

(*) Avion bourré d’électronique, très onéreux, volant à haute altitude pour guider les grandes opérations de bombardement

(**) Contraction de Arabian American Oil Company. Initialement américaine cette entreprise passe progressivement entre les mains des Saoudiens à partir de 1973. L’ARAMCO est totalement contrôlée par le royaume en 1980

(***) Compagnie pétrolière américaine qui coiffe aussi Texaco et Caltex

(****) C’est le leader des produits casher aux États-Unis

 

 Transmis par Victor PEREZ


La grande mystification d’Israël

par Sultan Knish sur son blog, le 30 août 2009

http://www.objectif-info.com/index.php?id=1217

Titre original : The Big Israel Lie

Traduction : Objectif-info

Le matraquage continue, la désinformation bat son plein,      le poids des mots.........

 

L'embarras d'Israël face à Obama

Par Benjamin Barthe, publié le 10/06/2009 12:45

 

 

Face aux grands desseins du président des Etats-Unis, le Premier ministre Netanyahu semble pris à contre-pied. Le début d'un désamour entre les deux pays ?

De notre correspondant

 

Le jour du flamboyant manifeste de Barack Obama dans la capitale égyptienne, accueilli par un tonnerre d'applaudissements dans le monde entier, le bureau du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, publiait un communiqué de six lignes rédigé dans un style aride: "Le gouvernement exprime l'espoir que cet important discours mènera effectivement à une nouvelle période de réconciliation entre le monde arabo-musulman et Israël", affirme le premier paragraphe.

Les deux suivants sont de la même eau parfaitement tiède, signe du décalage abyssal entre le volontarisme américain et la philosophie de "Bibi" (surnom de Netanyahu). "D'un côté, il y a l'Evangile selon Obama, un discours visionnaire à la façon de Martin Luther King, qui s'adresse à la planète entière, souligne Arad Nir, chef du service international de la deuxième chaîne de télévision. De l'autre, il y a Bibi le boutiquier, un homme qui veut négocier à la baisse tout ce que la communauté internationale tente de lui vendre. Le gouvernement israélien n'a pas compris que nous entrons dans une ère nouvelle."

Atténuer au maximum l'effet Obama

Jetons un regard en coulisses. A 13 h 10, jeudi 4 juin, lorsque Obama monte à la tribune du grand amphithéâtre de l'université du Caire, le pas serein et souverain, Netanyahu est retranché dans son bureau avec sa garde rapprochée. L'ambiance est électrique. Non content de zapper Jérusalem, escale jusqu'alors obligée de toute tournée présidentielle au Proche-Orient, Obama s'est également dispensé de consulter l'allié israélien lors de la préparation de son discours.

Le chef du gouvernement redoute une attaque ad hominem, une mise en cause directe qui accentueraient la crise pour l'instant feutrée qu'a déclenchée son refus de geler la colonisation et de s'engager en faveur de la création d'un Etat palestinien. "C'est un homme aux abois, il a le sentiment que tout ce qui vient de Washington est dirigé contre lui", dit un haut fonctionnaire israélien. Finalement, après cinquante-cinq minutes passées rivés devant la télé, Bibi et ses conseillers s'estiment presque heureux. "Le ciel ne nous est pas tombé sur la tête", souffle l'un d'eux, cité par le quotidien Yediot Ahronoth. "Ce discours est naïf et enfantin", juge un autre.

Pour y répondre, l'équipe concocte un plan média minimal. Principe: se focaliser sur les aspects positifs et ignorer tout le reste, à savoir le couplet sur la colonisation et l'Etat palestinien, ainsi que les formules sur "la dislocation" et "les humiliations" subies par les Palestiniens. L'objectif est d'atténuer au maximum l'effet Obama et d'étouffer tout débat susceptible de faire tanguer sa coalition de droite. "Silence dans les rangs", ordonne Netanyahu.

La consigne ne prend pas, bien sûr. Alors que les commentateurs de droite raillent l'"angélisme" d'Obama et s'indignent du fait qu'il a mis sur le même plan l'Holocauste et la Nakba - l'exode forcé des Palestiniens à la création d'Israël, en 1948 - les ministres se précipitent sur les plateaux de télévision. Uzi Landau, titulaire du portefeuille des Infrastructures, vitupère l'Etat palestinien, équivalent selon lui d'un "Etat iranien".

Les politiciens israéliens n'ont jamais semblé si pathétiques

Son collègue des Affaires sociales, Isaac Herzog, déclare que les colonies ne sont rien de plus qu'un problème de "relations publiques". Dans le quotidien Haaretz, Gideon Levy, héraut des militants anti-occupation, s'étrangle de colère: "Les politiciens israéliens n'ont jamais semblé si pathétiques et si petits comparés au porteur de promesses du Caire."

Dans les jours qui suivent, le débat enfle. Peut-être par nostalgie de l'époque lointaine où il affectionnait les messages d'espoir, Shimon Peres, président d'Israël, donne subitement de la voix: "Ceux qui essaient de délégitimer Obama causent du tort à l'Etat d'Israël, dit-il. On ne peut plus se cacher derrière de jolies formules. Abou Mazen [Mahmoud Abbas, président palestinien] et Netanyahu ne doivent pas rater cette occasion historique."

D'Allemagne et de France, où il se rend après l'Egypte, le président américain maintient la pression sur la question des colonies. "Injuste", répond Bibi, qui assure que George W. Bush avait autorisé ses prédécesseurs à construire dans les grands blocs d'implantations. En riposte, George Mitchell, l'émissaire d'Obama au Proche-Orient, suggère - ô sacrilège! - de commencer à dessiner les frontières du futur Etat palestinien.

C'en est trop pour Netanyahu, qui craint de perdre la main. Il annonce pour la semaine prochaine un grand discours sur sa politique de paix. "Bibi est un homme seul, explique un diplomate israélien. Il a perdu ses alliés habituels au Congrès, et la communauté juive américaine est à fond derrière Obama. Même Elie Wiesel, sur qui il comptait, a applaudi le discours. Il n'a plus de carte à jouer à Washington."

Que dira le Premier ministre dans ce contre-discours? Sa marge de manœuvre est étroite. "C'est soit oui à Obama, soit non à Obama, estime l'éditorialiste Ben Caspit, dans le journal Maariv. Si Netanyahu veut entrer dans les livres d'histoire et donner une chance à la paix, il devra changer de coalition et devenir un véritable leader. Compte tenu de sa personnalité, il est cependant fort douteux qu'il soit capable d'un tel changement."

 Mots mis en exergue par Victor Perez

 

ATTENTION A L'"AMI" AMERICAIN !

Dire NON à Obama ne va pas nécessairement saboter notre amitié avec les Etats-Unis

 

Ci-dessous "la paix" que concoctent Obama et son équipe, qui n'est qu'un alignement sur le plan saoudien, sans la certitude que tous les états arabes y adhèrent et sachant qu'Israël a déjà dit "non" à ce plan.

 

 

Par Elyakim Haetzni

Paru dans www.YnetNews.com émanation de Yédiot Ah'oronot – le 15/04/09

Traduit par Albert Soued, http://symbole.chez.com pour www.nuitdorient.com 

 

Barack Obama est certainement une personne très aimable. De plus, la Pâque fête de la liberté rapproche les Noirs et les Juifs, les combattants les plus fougueux pour l'égalité entre Africains et Américains. Pourtant, Condoleeza Rice nous a heurtés quand elle nous a assimilés "au peuple blanc" qui l'a persécutée lors de son enfance, et quand elle a pris fait et cause pour la partie palestinienne "persécutée".

En attendant, les adversaires d'Obama le désignent par le prénom "Hussein" pour le caractériser. En effet, lors de sa récente visite au Parlement turc, ses hôtes ont insisté sur son côté "Hussein", ce qui avait sans doute été coordonné avec l'invité. Nous ayant déjà demandé de nous mettre à la place des Palestiniens, il est certain qu'Obama s'identifie à eux.

On verra la différence très bientôt. La pierre d'achoppement de la politique de Barack Hussein Obama est l'installation d'une "Palestine", avec la supposition que ce geste va extraire l'Amérique de l'imbroglio d'Irak et d'Afghanistan, détruire les talibans au Pakistan et apaiser l'Iran…!

Souvent quand les gens parlent du cancer, ils préfèrent dire "cette maladie, vous savez…". Et ici, on parle de la même manière, "le prix, vous savez…", afin d'éviter de parler en détail de ce qui va rester d'Israël, après que la Palestine eut été installée. On en parle avec précaution, à voix basse, comme si on s'adressait à un patient, avant une amputation.

 

Face à l'ultimatum lacéré qu'on peut attendre d'Obama, on peut imaginer déjà la situation qu'il va entraîner:

- à Jérusalem, une frontière à la porte de Jaffa, avec des Palestiniens armés le long des murailles de la Vieille Ville

- une mer Morte, moitié jordanienne, et la moitié de ce qui reste appartenant aux Palestiniens

- le Négev divisé en deux par un pont, près de Qiryat Gat, avec un flux de Palestiniens de Gaza aux portes de Jérusalem et de nos villes

- l'aéroport Ben Gourion, à la portée de missiles portables déployés dans les ruines de l'implantation de Beit Aryéh, nous obligeant à transplanter notre aéroport international au Négev

- Israël amputé de la vallée du Jourdain et des hauteurs du Golan…

 

300 000 réfugiés

 

Nous aurons 300 000 nouveaux citoyens expulsés, avec les risques d'une guerre civile mineure, en plus d'une taxe pour financer les nouveaux foyers et les nouveaux emplois de "ceux qui reviennent de Palestine". Certains occuperont les appartements d'Israéliens

qui fuiront à l'étranger, une fois que la terreur et le lancer de missiles auront repris.

Nous aurons les bars et les filles pour les troupes de l'Otan, déployées pour protéger les deux parties; d'un côté, prothèse de sécurité pour le nouvel amputé, de l'autre, bouclier pour les Arabes. Ce déploiement serait le symbole d'un nouveau statut d'états sous la tutelle du Quartet, en harmonie avec les objectifs de la "Feuille de Route", deux états autant "souverains" que le Kosovo.

 

Et ainsi, l'indépendance de notre "Troisième Temple" tournera plus court que celle des Hasmonéens, qui ont gouverné entre 2 hégémonies, la grecque et la romaine. Beaucoup préfèreront aller vivre dans la Rome d'aujourd'hui, c'est-à-dire l'Amérique, plutôt que d'être occupée par elle, ici.

 

Se lamentant devant la victoire de la droite aux dernières élections, un auteur israélien s'est réconforté avec l'espoir qu'Obama allait nous forcer à un compromis. Cet auteur ne craint pas les conséquences, et pourtant je n'ai décrit ci-dessus qu'une infime partie.

 

Cependant la majeure partie de notre peuple n'est pas impressionnée par l'avertissement issu du "camp de la paix à tout prix" qui est "si on refuse de se plier au projet d'Obama, on perdra son amitié " Pourquoi? Parce que : Quel genre d'ami est celui qui vous lance une pelle pour que vous creusiez votre tombe ?

 

Bien au contraire ! Golda, Rabin et Begin ont été capables de dire NON à l'Amérique et l'amitié a été préservée quand même.

 

 

© www.nuitdorient.com par le groupe boaz,copyright autorisé sous réserve de mention du site

Michel Bôle-Richard est le correspondant permanent du quotidien Le Monde à Tel Aviv.


C'est un homme très occupé !


Bôle-Richard en goguette

Il est possible que Michel Bôle-Richard, correspondant du Monde en Israël, sorte de temps en temps de l’axe Tel-Aviv-Jérusalem.

Mais lorsqu’il organise une expédition dans la capitale éternelle des Juifs, ce qui lui demande environ 35 minutes, embouteillages compris, il ne fait pas le voyage pour rien.

Quitter Tel-Aviv, ses bars branchés, sa vie nocturne, doit lui être un crève-cœur. Comme pour d’autres qui vont solliciter le suffrage universel hors de leur région d’origine.

Les parachutages ne sont agréables ni pour les électeurs, ni pour les candidats.

Pour en revenir à Bôle-Richard, il s’est levé un matin en se demandant ce qu’il allait bien pouvoir sortir pour dénoncer la politique expansionniste d’Israël.

Ce travail est harassant. Il faut chaque jour se creuser les méninges. Magnésium, cocktails vitaminiques et oligo-éléments sont les accessoires indispensables à tout correspondant des médias français au Moyen-Orient.

Cela représente du monde puisque le petit pays d’Israël accueille à lui seul 800 fois plus de correspondants de presse que l’ensemble du continent africain.

Rappelons qu’Israël est juste un peu moins grand que la Bretagne.

C’est dire s’il y a du travail !

Dans un quartier de Jérusalem, les habitants se mobilisent pour sauver leur maisons dont « certaines datent d'avant l'occupation de 1967 », affirme le reportage de Bôle-Richard.

Comme on peut le voir sur les photos qui suivent, les maisons ont l’air bien conservées et remarquablement entretenues. Mais datent-elles vraiment d’avant 1967 ? La question reste posée.


A la sortie de la cité du Roi David, le quartier arabe

Vu d’un peu plus haut, sur le promontoire de la Cité de David, le quartier est semblable à une décharge, les détritus encombrent la vue de ce quartier qui pourrait être magnifique. Voir du racisme dans cette dernière phrase serait idiot. Quelques villages en Israël souffrent des mêmes maux. Le civisme n'est pas totalement partagé, là comme ailleurs.


Mais les habitants arabes, qui bénéficient de la voirie israélienne, préfèrent jeter leurs ordures devant les touristes, devant la cité du roi David.

A y regarder d’un peu plus près, peu de maisons semblent terminées.

Un correspondant permanent un peu distrait pourrait mettre cela sur le compte de « l’occupation », voire du niveau de « ségrégation » imposée par le « gouvernement israélien fasciste ». Ils ne sont pas beaucoup à se priver de ce raccourci mensonger.

La vérité est malheureusement plus prosaïque. La loi israélienne dispense les habitants, israéliens et arabes qui construisent, de taxe d’habitation et de taxe foncière tant que les maisons ne sont pas entièrement achevées.

La solution pour ne pas payer ces impôts qui permettent, entre autres, l’entretien de la voirie et l’adduction d’eau, consiste donc à construire une maison et à en interrompre les travaux, juste avant les finitions.

C’est ainsi que certains habitants de Jérusalem-Est et d’ailleurs bénéficient des services d’Israël sans verser aucune contrepartie financière. Une « résistance passive », en quelque sorte, mais fort avantageuse pour le porte-monnaie.

Nous mettons ici au défi Bôle-Richard de nous prouver le contraire.

Puis le correspondant du Monde, à l’appui de ses dires, reparle de la cité de David et dénoncent, narquois, les intenses fouilles archéologiques qui y sont menées "pour retrouver les traces de l'ancien royaume et démontrer que cette terre est bien juive".

Ces petites phrases du correspondant permanent sont sa marque de fabrique, le petit « gimmick » qui permet de le reconnaître. Hitchcock apparaissait dans ses films de manière tout à fait imprévue. Bôle-Richard y va à chaque fois de son petit couplet révisionniste.

A quoi peut tenir la réputation d’un journaliste !

Bôle raconte ce panneau géant installé par les habitants de ce quartier : "Pas de site touristique sur les ruines des maisons de 1 500 habitants", alors que le correspondant du Monde parle de 88 maisons menacées, ce qui fait 17,04 habitants par maison.

Ceux qui travaillent dans la cité de David, ouvriers et archéologues, Israéliens et arabes, disent avec un sourire que le chiffre est un petit peu exagéré. Même les arabes Israéliens parlent ouvertement de propagande palestinienne.

Il faut y ajouter un fait que ne s’empresse pas de dévoiler Bôle-Richard. 70 % des constructions de ce quartier ont été menées sans permis de construire ni autorisation préalable de travaux.

Face à Jérusalem-Est, dans le quartier arabe, vous voyez fleurir des projets immobiliers sans aucune concertation, sans plan de cohésion urbaine et surtout sans aucune autorisation légale.

N’importe quel maire un peu soucieux de la vie quotidienne de ses habitants en France s’arracherait les cheveux et ferait intervenir les forces de l’ordre dans les 48 h.

C’est impossible en Israël.

Dans le Néguev, les Bédouins transforment leurs tentes en maison en dur sans aucun acte de propriété (ils sont théoriquement nomades!!) et ont ainsi réalisé des villages entiers sans aucun plan d'occupation des sols.

Par contre, pour les habitants israéliens des villages environnants, dont plusieurs travaillent bénévolement et quotidiennement au service de ces mêmes Bédouins pour les soins, l’éducation, la formation, les contraintes administratives sont draconiennes.

Une petite visite à Néot Hakikar pourrait avantageusement renseigner Bôle-Richard à ce propos. Mais c’est si loin de Tel Aviv.

Un Israélien, qui n’était pas présent lors de l’équipée de Bôle-richard nous disait : « Si je construis même un petit mur pour mon barbecue sans autorisation, j'ai un procès, une amende et on me le détruit. Sitôt que ce sont des citoyens arabes, le gouvernement est tétanisé et n'ose rien dire ».

La municipalité de Jérusalem, dans un souci d’apaisement, a précisé que seules les maisons construites après 1992 étaient concernées par les démolitions. C'est-à-dire qu’on laissera debout les maisons construites entre 1967 et 1992, à savoir la grande majorité.

Un toit, c’est la vie

Perdre une maison, la voir s’écrouler sous les coups des bulldozers est un immense traumatisme, il faut en convenir. Des années d’efforts réduits à néant en quelques jours doit être une grande douleur.

Et il faut la partager. La majorité des Israéliens ne voient pas ces destructions d'un oeil favorable car ils savent ce que signifie ce déracinement. En France, les expropriations pour cause de grands travaux sont toujours un arrachement pour une famille.

Et l'on sait également le drame vécu par des familles juives qui ont tout perdu durant la guerre, au bénéfice de la Caisse des Dépôts et Consignations.

Mais il y a des lois que même les citoyens israéliens d’origine arabe doivent respecter, comme dans n’importe quel pays qui se préoccupe plus d’harmoniser les politiques publiques que d’acheter des armes et de creuser des tunnels de contrebande.

Aussi, lorsque Bôle donne la parole à des idéologues religieux qui affirment, en parlant des Israéliens : "Ils veulent nous humilier, nous provoquer, voler notre terre, mais nous ne nous laisserons pas faire", il commet une erreur d’analyse, si ce n’est un forfait.

« Très impliqué à Jérusalem, le cheikh Raed Salah, dirigeant arabe israélien (il dirige la branche nord du Mouvement islamique), est venu dire sur place : "Notre position est claire : soit nous vivons sur notre terre, soit nous y serons enterrés." ».

Le voilà, l’immensité du problème et il faut rendre justice à Bôle-Richard de terminer là-dessus son article.

Il tend simplement à nous dire que les arabes israéliens et les Palestiniens peuvent construire où ils veulent puisque c’est leur terre.

Les Juifs y seront toujours, selon eux, des étrangers, des passants, car le mouvement islamique ne tolère pas la présence juive en terre musulmane.

Les signes de bonne entente pourraient être, de la part des Palestiniens, d’accepter la présence de Juifs dans leurs Territoires, de manière librement consentie et contre achat régulier des terres et de propriétés.

Pourquoi pas, afin d’envisager, dans quelques générations, un petit Marché Commun Moyen-Oriental… Mais cela n’est même pas envisageable. Selon l’idéologie islamique, ces terres doivent être « Judenrein ».

Cet éclairage devrait être donné beaucoup plus souvent par ceux qui se font un devoir de nous informer.

Mais il faut vite rentrer à Tel Aviv.

Ce soir, y’a dégustation de Margaritas au « Movie », entre 17 et 19 h, un des bistrots branchés de la "ville qui ne dort jamais".

Et il paraît que les Margaritas (1 achetée, 1 offerte) du patron sont de première bourre.

Bôle-Richard est un homme pressé.

Pierre Lefebvre © Primo, 19 mars 2009

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