Antisémitisme et antisionisme

Message de Hazem Shuman, prédicateur égyptien, "à chaque Juif sur la surface de la Terre" : Le jour de la vengeance approche

Ci-dessous un discours du prédicateur égyptien Hazem Shuman, prononcé le 31 octobre sur Al-Rahma (Egypte):

Voir les extraits vidéo sous-titrés en FRANÇAIS sur MEMRI TV:

http://www.memritv.org/clip/en/0/0/0/0/0/0/5046.htm?lang=fr.

"C’est un fait avéré que les Juifs sont comme le cancer… Les Juifs sont dangereux pour le monde entier…"

Hazem Shuman, prédicateur égyptien: Le cours de ce soir est l’un des plus importants de la série. Ce soir, nous allons parler de la Bataille de Khaybar, la plus grande bataille du prophète Mahomet (contre les Juifs), par laquelle le Prophète a effacé toute présence juive à Médine.

Le 5 juin 1967, après que les Juifs eurent occupé la Palestine et Jérusalem, fêtant leur victoire, Moshé Dayan s’est écrié: «Ceci est notre vengeance de Khaybar !» Comment se fait-il que Khaybar soit restée gravée dans leurs cœurs pendant 1400 ans ?

Et 1400 ans plus tard, leurs cœurs brûlent encore à cause de Khaybar !

La première chose que le Prophète a faite après sa victoire du Traité de Houdaibiya, après avoir stabilisé l’Etat musulman et neutralisé le front koraïchite - la première mission du prophète Mahomet, sa première campagne, a été menée contre les Juifs de Khaybar. C’est enfin votre tour, à vous descendants des singes et des porcs, les créatures les plus maudites qu’Allah ait créées, vous qui avez maintes fois nui au Prophète. Vingt jours seulement après le Traité de Houdaibiya, le Prophète décida d’emmener l’armée de l’islam à Khaybar.

Pourquoi les Juifs en particulier ? C’est un fait avéré que les Juifs sont comme le cancer: Si on ne les retire pas du corps de la nation, ils la tueront intégralement. Si on ne s’était pas occupé des Juifs, ils auraient amené Perses et Byzantins dans la péninsule Arabique. Les Juifs sont dangereux pour le monde entier. Ils menaçaient la stabilité de la péninsule Arabique.

[…]

"Sharon a coupé les membres des enfants pour s’en faire un collier et se vanter d’avoir démembré des enfants musulmans."

Les Juifs restent toujours les mêmes. Nous souffrons encore de la vision des massacres qu’ils ont infligés aux musulmans, quand ils sont entrés à Sabra et Chatila. Sharon a coupé les membres des enfants pour s’en faire un collier et se vanter d’avoir démembré des enfants musulmans.

Quand les Juifs sont entrés à Sabra et Chatila, un soldat juif a vidé sa mitraillette dans la nuque d’une femme enceinte. Quand elle est morte, il lui a ouvert le ventre, en a extrait le fœtus de neuf mois et l’a abattu devant les musulmans. Ils ont pris trente hommes et femmes musulmans, dont un couple qui venait de se marier, et les ont tous abattus à Sabra et Chatila.

Ils ont pourchassé un garçon de six ans, que sa mère serrait dans ses bras en appelant à l’aide. Ils l’ont poignardé avec des couteaux et tué sur les genoux de sa mère. A la fin, elle est devenue folle à cause de ce qui était arrivé.

Ils ont abattu une famille entière, sauf le bébé, qui criait à la vue de ce bain de sang. Dès qu’ils se sont aperçus qu’il pleurait, ils l’ont également abattu à la mitraillette.

A Sabra et Chatila, ils ont violé une musulmane, puis ont tué ses enfants devant elle.

Ils ont arraché les oreilles des femmes en tirant sur leurs boucles d’oreilles.

[…]

Les Juifs de Khaybar, en l’an sept de l’Hégire, étaient la réplique de l’Etat d’Israël de 2009, pour ce qui est de l’économie terrifiante qui a sucé le sang des Arabes, de l’équipement militaire et de leur supériorité sur toute la région, des colonies qui constituent l’Etat, des fortifications, comme cette barrière de séparation qu’ils construisent aujourd’hui. Quand l’armée des musulmans est arrivée, les Juifs ont écarté leurs femmes et enfants des fortifications et du front, ne laissant que leurs combattants au front…

L’armée du prophète Mahomet était très pauvre. Les musulmans n’avaient rien à manger. La première fois qu’ils mangèrent, ce fut après la conquête de Khaybar. L’un des Compagnons du Prophète avait contracté une dette auprès d’un Juif. Le Juif lui avait demandé de s’acquitter de sa dette avant son départ. Mais le musulman n’avait pas même 5 dirham. Il a donc vendu ses vêtements pour s’acquitter de sa dette et partir. Les Compagnons du Prophète ont vendu leurs vêtements pour combattre les Juifs et se venger d’eux.

[…]

Finalement (lors de la Bataille de Khaybar), Allah a donné de la force aux musulmans, et ils ont lancé une offensive-martyre contre les fortifications. Toute leur vie durant, ils ont été des héros en quête de martyre, sacrifiant leur sang pour l’islam. Ils ont pris d’assaut la forteresse et capturé les Juifs, pour la première fois. Tous les autres Juifs se sont enfuis.

Quand les musulmans pénétrèrent la forteresse, ils furent stupéfaits:

« Qu’est-ce que c’est que ça ? » Jamais de leur vie n’avaient-ils vu autant à manger: assez pour des années ! Ils furent tout aussi stupéfaits devant la grande quantité d’armes. Il y avait une arme appelée « tank ». C’était une maison en étain, comme les tanks actuels. Des soldats étaient assis dedans et la conduisaient en direction des fortifications. Même bombardées de flèches, elles n’étaient pas ébranlées. Il y avait des catapultes, qui lançaient des bombes de feu. Elles traversaient les murs et fracassaient les fortifications.

Pourquoi les Juifs amassaient-ils toutes ces armes ? Ils comptaient les utiliser contre les musulmans. Ils se préparaient au jour où ils combattraient les musulmans. Autrement, pourquoi auraient-ils amassé toutes ces armes ?

Les (musulmans) découvrirent aussi de grandes quantités de vin, qu’ils déversèrent sur le sol.

[…]

"Toute l'armée musulmane a foncé dans la forteresse finale, le cœur plein de haine pour les Juifs, et du profond désir de se venger des descendants des singes et des porcs."

Ils arrivèrent à la dernière fortification, pour la bataille finale. Tous les Juifs, femmes et enfants inclus, se trouvaient là. Les murailles étaient démesurées. Un nombre indescriptible de flèches furent tirées de ces tours. Les portails étaient bien fortifiés. Personne ne pouvait s’évader. C'était la première fois que le prophète Mahomet se servait de catapultes. Les (musulmans) ont tiré des catapultes sur les murailles jusqu’à ce qu’elles laissent voir des trous béants.

Toute l'armée musulmane a foncé dans la forteresse finale, le cœur plein de haine pour les Juifs, et du profond désir de se venger des descendants des singes et des porcs. Tous les musulmans, hommes et femmes, ont chargé, habités du désir d'exterminer les Juifs. Ils ont chargé et une terrible bataille a eu lieu, une bataille violente dans la dernière forteresse, jusqu'à ce que tous les soldats juifs soient arrêtés et toutes les femmes juives faites captives.

Khaybar a tremblé au son du cri "Allah Akbar" et toute la péninsule Arabique a tremblé au cri victorieux d' "Allah Akbar". 1 400 soldats ont vaincu 10 000 Juifs. Les Juifs ont été vaincus et la réputation de l'armée invincible a été brisée. Après un mois de siège et de terribles combats, les Juifs ont été vaincus. La péninsule Arabique a retenti du cri "Allah Akbar", et les Juifs se sont effondrés.

"Ô descendants des singes et des porcs, le jour de la vengeance approche."

Bientôt le cri "Allah Akbar" retentira aux portes de Jérusalem et de la mosquée Al-Aqsa. Bientôt, on entendra tonner "Allah Akbar" - le jour de la vengeance contre les Juifs. Les Juifs ont été vaincus. Le prophète Mahomet et tous ont été très surpris que seuls 96 Juifs furent tués, et 16 musulmans.

96 personnes ? Le Prophète aurait pu massacrer tous les Juifs jusqu'au dernier. Pourquoi le prophète Mahomet leur a-t-il laissé la vie sauve ? Parce que le prophète Mahomet ne se bat pas pour la guerre et le sang. Il se bat pour la paix. Cela montre à quel point il est le prophète de la paix.

[…]

J'ai un message pour tous les Juifs sur la surface de la Terre: l'armée de Mahomet reviendra. Ô descendants des singes et des porcs, le jour de la vengeance approche. Ö vous les plus maudites créatures créées par Allah, ceux qui ont juré de mourir devant le prophète Mahomet reviennent. Attendez-nous et vous allez voir, vous plus maudites d'entre les créatures.

[…] Ö nation de Mahomet, ne crains pas de faire la guerre aux Juifs. Si tu ne te bats pas pour la Palestine, Allah se battra contre toi ! Décide de quoi tu as le plus peur: d'une guerre contre les Juifs ou d'une guerre contre Allah ? Peux-tu te battre contre Dieu ? Si tu abandonnes la Palestine, tu te battras contre Dieu.

Un scientifique prouve que dans la Torah, tout est lié


Tout est parti d’une simple question. “Depuis des années, elle titillait ma curiosité : régulièrement, je me demandais si la valeur numérique des noms de couleurs apparaissant dans la Bible pouvait avoir un rapport quelconque avec leur fréquence d’onde”, raconte Haïm Shore, professeur à l’université Ben Gourion du Néguev. “Question extravagante en vérité. Pourquoi en serait-il ainsi ? En fin de compte, pour m’amuser, j’ai vérifié. Et les bras m’en sont tombés ! Il pouvait s’agir d’une sacrée coïncidence, mais toujours est-il qu’il existait bel et bien un lien linéaire : le nom hébraïque des couleurs reflète leur fréquence d’onde !”


La méthodologie employée était simple : Shore a pris les noms des cinq couleurs mentionnées dans la Bible, le rouge (”adom”), le jaune (”tzahov”), le vert (”yerakone”), le bleu (”tchélète”) et le violet ou magenta (”argamane”) et il a calculé leur valeur numérique en additionnant pour chacun la valeur de ses lettres : aleph correspondant à un, beth à deux, etc. Puis il a réuni le tout dans un graphique : la fréquence d’onde de chaque couleur, établie scientifiquement, sur l’axe vertical, la valeur numérique du nom de ces couleurs sur l’axe horizontal.

“Je n’en ai pas cru mes yeux”, se remémore le scientifique. “Les cinq points du graphe formaient une ligne droite ! Autrement dit, les noms des couleurs correspondaient à leurs fréquences d’ondes respectives ! Et je n’avais manipulé aucun chiffre ! En voyant cela, j’étais comme un lion en cage, je faisais les cent pas dans mon bureau, je ne parvenais pas à y croire. Par la suite, j’ai pris d’autres mots de la Bible hébraïque et j’ai comparé leur valeur numérique avec ce que la science nous apprenait d’eux. Et cela m’a mis dans tous mes états… J’ai découvert un nombre époustouflant de ‘coïncidences’, où le nom hébreu cité dans la Bible était en rapport direct avec les propriétés physiques de l’entité qu’il désignait. J’ai tout recensé et j’ai présenté une vingtaine de ces analyses dans un livre.”

”Je ne cherche pas à expliquer ce que ces informations signifient”, affirme-t-il, “ni à imposer ma propre interprétation. J’ai soumis le fruit de mes recherches, voilà tout. En tant que scientifique, j’estimais de mon devoir de le faire pour susciter la discussion.”

Ecrit en anglais, le livre Coincidences in the Bible and in Biblical Hebrew (Coïncidences dans la Bible et dans l’hébreu biblique) expose des dizaines de mots hébreux de la Bible qui dissimulent des informations sur les objets ou les personnages qu’ils représentent, informations qui, dans la majorité des cas, ne pouvaient être connues avant l’époque moderne.

Logarythmes et données de la NASA

“Il ne s’agit pas de guématria”, précise Shore. “La guématria, adoptée par les rabbins et les commentateurs juifs de la Bible, suggère que deux termes hébreux ayant la même valeur numérique sont nécessairement reliés par un ’secret’. Non, moi, j’ai simplement constaté, par exemple, que le mot ‘héraïone’, ‘grossesse’, a la même valeur numérique que la durée de la grossesse de la femme, soit 271 jours.”

Shore met encore les choses au point : “Il ne s’agit pas non plus d’un quelconque ‘code biblique’ qui aurait des allures de prophétie. Ce que j’ai tenté de faire, d’une façon aussi simple et non-technique que possible, c’est de proposer plusieurs analyses quantitatives qui démontrent que certaines grandes propriétés physiques sont probablement reflétées dans la valeur numérique des termes hébreux.” Les couleurs étaient une chose, les objets célestes, une autre : la lune, la terre et le soleil. “Dans la littérature kabbaliste, on dit que les lettres de l’alphabet hébraïque ont été créées les premières, puis que Dieu s’en est servi pour former tous les mondes. Diverses sources juives anciennes confirment cette idée”, explique Shore. “Ainsi, en hébreu, lune se dit ‘yaréach’, terre, ‘eretz’ et soleil, ’shémesh’. L’un des traits qui distinguent ces trois corps célestes est leur taille, exprimée par leurs diamètres. J’ai donc utilisé les diamètres fournis par la NASA et j’ai tracé un nouveau graphe, comme avec les couleurs.

“Sur l’axe horizontal, j’ai placé la valeur numérique du mot hébreu et sur l’axe vertical, les diamètres indiqués par la NASA (sur une échelle logarithmique). A mon grand étonnement, le phénomène s’est répété : les trois points se sont retrouvés alignés. Un rapport mathématique rigoureusement exact aurait donné une correction linéaire de ‘1¢ ; celle de ces trois points était de ‘0,999¢. Là encore, la coïncidence avait de quoi ébranler !” Shore n’est ni un illuminé, ni un fanatique. Mais un scientifique des plus rationnels, voire sceptique. On ne peut dire que sa formation intellectuelle le préparait à de telles découvertes. “Mon domaine professionnel porte sur les modèles statistiques et sur l’ingénierie en matière de qualité et de fiabilité”, explique-t-il. “Je suis diplômé du Technion en ingénierie et management industriels, j’ai un Master de recherche opérationnelle et une maîtrise de philosophie et de psychologie, ainsi qu’un doctorat en statistiques à Bar-Ilan. J’ai travaillé comme consultant en gestion, j’ai enseigné à l’université de Tel-Aviv, puis j’ai été nommé à l’université Ben Gourion en 1996. Mais je suis un ingénieur avant tout. Je refuse de croire qu’une chose est vraie tant qu’elle n’a pas été soumise à une analyse quantitative. Sans cela, tout est discutable.”

“Mais cela, non !”, soutient-il. “Il existe, en ingénierie, un principe universel selon lequel, quand deux séries de données, placées dans l’ordre croissant, avec la première sur l’axe horizontal et l’autre sur l’axe vertical, donnent une ligne droite, cela signifie qu’elles mesurent la même chose, mais à des échelles différentes.”

Shore n’a pas non plus pris comme point de départ de ses recherches les paroles des Sages, à savoir que les termes hébreux renferment un second niveau d’informations qui nous est caché, mais que l’on peut découvrir à l’aide de leur valeur numérique.

”Pas du tout”, confirme-t-il. “Pendant des années, j’ai été convaincu que ce n’était là que superstition, pur mythe, comme on en trouve dans beaucoup de religions et de cultures. Toutefois, mes découvertes m’ont fait réfléchir à deux fois à ce qui était écrit dans le Talmud, par exemple dans le Midrash Rabah, qui dit : “Ainsi Dieu observa la Torah et créa l’univers” et, dans Berachot, “Bezalel savait comment assembler les lettres avec lesquelles le ciel et la terre avaient été créés.”

Si Shore ne prétend pas que ses postulats ont valeur scientifique, il ne va pas jusqu’à qualifier de coïncidences la multitude de corrélations qu’il a mises à jour. “Au début, je considérais ces découvertes comme des curiosités dénuées de base scientifique. Mais, au fil des ans, j’ai vu ces ‘coïncidences’ évoluer vers autre chose. En 2006, je suis parvenu à la conclusion que le nombre important d’exemples que j’avais rassemblés justifiait une publication.”



Haïm Shore

A vrai dire, voir la science et la technologie modernes refléter ou renforcer la terminologie biblique a fini par fasciner Shore. “Par exemple, le mot ’shana’, année, est numériquement équivalent à 355. Or il se trouve que la durée moyenne de l’année lunaire hébraïque est de 355 jours. Ou encore ‘ozen’, qui signifie ‘oreille’ et qui a la même racine que le terme hébreu pour ‘équilibre’. C’est curieux, car c’est seulement à la fin du XIXe siècle que l’on a découvert que le mécanisme qui contrôle l’équilibre du corps réside dans l’oreille.” Autre curiosité qui a de quoi interpeller, le nom biblique de Laban, l’un des personnages les plus menaçants de la Genèse. Dans la Haggadah de Pessah, on lit : “Vois ce que Laban l’Araméen voulut faire à notre père Jacob. Pharaon ne décréta la mort que des garçons, mais Laban voulut tout exterminer.”

“Laban représente une perte totale de l’identité juive”, explique Shore. “Il voulait que tout soit mêlé, que chaque personne, chaque culture, soit dénuée de traits caractéristiques distinctifs. Il mélangeait ses enfants, ses femmes, sa foi religieuse, sa langue et ses biens. Il idéalisait le concept de ‘village global’, comme on dirait aujourd’hui, où tout et tous sont identiques. Or, comme on le sait, le nom laban signifie ‘blanc’ en hébreu, ce qui est extraordinaire. Laban est le seul personnage de la Bible à porter le nom d’une couleur. Jusqu’en 1666, les scientifiques croyaient tous, comme Aristote, que le blanc faisait partie des couleurs de base. C’est seulement quand Newton a fait passer un rayon de soleil à travers un prisme de verre que l’on a découvert le spectre des couleurs. Le blanc, a alors expliqué Newton, est en fait un mélange de nombreux types de rayons qui sont réfractés à des angles légèrement différents, chacun d’eux produisant une couleur distincte. En fait, le blanc est bel et bien un mélange de toutes les couleurs ! N’est-ce vraiment qu’une coïncidence ? Ne trouvez-vous pas cela bizarre ? Bizarre que, dans la Bible, Laban, l’homme qui voulait que tout se mélange, s’appelle précisément ‘blanc’ ?”, interroge Shore.

Le livre de la Genèse, en particulier l’histoire de la création, a droit a un traitement spécial. En 1985, Shore l’avait analysée, en collaboration avec le professeur Yehouda Radday, et tous deux avaient publié un livre à ce sujet. “Le professeur Radday, décédé le 11 septembre 2001, était l’un de mes meilleurs amis. Je l’avais rencontré dans les années 1970, alors que j’étais assistant et qu’il était affilié au Technion pour effectuer une analyse statistique des textes bibliques. A cette époque, l’Allemand Julius Wellhausen était très en vogue et nous avons entrepris de mettre à l’épreuve, d’un point de vue statistique, sa théorie, selon laquelle la Genèse aurait de multiples auteurs.”

Un seul auteur pour une Torah unique

Selon Julius Wellhausen (1844-1918), le Pentateuque (les cinq livres de Moïse) n’aurait pas été écrit par Moïse, mais serait le fruit de traditions orales nées d’une culture nomade et rassemblées sur le tard. Wellhausen nomme les quatre sources “J”, “E”, “D” et “P” et leur attribue les versets ou passages en fonction de différences dans la terminologie employée ou l’esprit du texte. Une théorie acceptée pendant de nombreuses décennies par une majorité de spécialistes de la Bible.

“Yehouda et moi avons publié nos recherches – qui établissaient, à l’aide de statistiques, que le livre de la Genèse était homogène et donc l’œuvre d’un auteur unique. Elles sont parues dans plusieurs revues scientifiques, puis dans un livre publié par les presses de l’Institut biblique (Romae E Pontificio Instituto Biblico), au Vatican”, raconte Shore. “Aussi, quand je me suis replongé dans la Genèse, j’avais déjà de bonnes bases !” L’un des éléments analysés par Shore : la création, en termes de temps. Dans l’histoire de la Genèse, l’univers a été créé en six jours. Mais pour la cosmologie moderne, il ne peut être l’œuvre que de milliards d’années. Une différence à l’origine du débat opposant la religion à la science. “J’ai débuté en prenant les événements du premier chapitre de la Genèse – les faits tels qu’ils sont relatés, et non leur interprétation. La ‘lumière’ a été créée le premier jour, le ciel, le deuxième, les eaux et les végétaux, le troisième, le soleil et la lune, le quatrième, la mer et les poissons le cinquième et Adam et Eve sont apparus le sixième, à la fin de la 14e heure”, dit-il. “J’ai pris les six points et mis en relation chaque jour biblique avec les durées établies scientifiquement. Par exemple, la science a établi que les galaxies ont commencé à se former il y a 11,8 milliards d’années, le soleil et la lune il y a 4,5 milliards d’années, etc. J’ai inscrit l’âge du cosmos sur l’axe vertical et la chronologie biblique (du premier au sixième jour) sur l’axe horizontal. Et j’ai découvert que le tout formait une ligne droite.”

“Ne serait-il pas possible que les deux séries de données, celles de la Bible et celles de la science, représentent la même “ligne de temps”, mais exprimée à des échelles différentes ?”, s’interroge-t-il. “Les analyses statistiques montrent que la probabilité qu’il s’agisse d’un pur hasard est inférieure à 0,0021 %”, poursuit Shore. “Si l’on retire le jour 2 et le jour 5 – il existe un débat scientifique sur le moment où la vie telle que nous la connaissons a vu le jour et sur celui où les grandes structures sont apparues dans l’univers -, il ne nous reste que quatre points. Or, la probabilité que ces quatre points soient alignés comme ils le sont par simple hasard est encore inférieure à 0,0165 %.”

Shore est désormais convaincu qu’il aurait pu employer un autre terme que “coïncidences” dans le titre de son livre. “Ce titre reflétait mon point de vue vis-à-vis des nombreux exemples que j’y donnais. Mais au cours des deux ou trois mois qu’il m’a fallu pour l’écrire, quelque chose a changé. Aujourd’hui, je dirais qu’il est extrêmement probable que les informations cachées dans les mots bibliques complètent les données scientifiques que j’ai soumises dans l’ouvrage.”

Qu’espère gagner Shore en publiant ses découvertes ?

“Je savais très bien que je mettais ma réputation en danger en rédigeant ce livre”, reconnaît-il. “Mais j’ai décidé d’aller jusqu’au bout, parce que ces données sont significatives. Chacun de nous peut se faire sa propre idée des implications de tout cela. Je n’affirme rien concernant Dieu, la Bible ou l’hébreu biblique. Cependant, je pense qu’il importe de se pencher sur ces découvertes.”

Quelques autres “coïncidences” ont contribué à façonner la vie de Shore. Aujourd’hui, il traite statistiquement les données d’une étude conduite à la fin des 18e Maccabiades. “Nous mesurons la satisfaction des participants, ce qui implique d’analyser des questionnaires soumis par e-mail aux athlètes, aux membres des délégations officielles et aux organisateurs des Maccabiades”, explique-t-il. “Cet événément représente quelque chose de particulier pour moi, parce qu’en 1932, mon père a participé à Tel-Aviv aux premières Maccabiades en tant que membre de l’équipe de football polonaise. Une fois ici, il n’est plus reparti, de sorte qu’il a échappé à la Shoah (contrairement au reste de sa famille). Voilà pourquoi j’ai annoncé au Comité d’organisation des épreuves, qui m’a chargé de cette étude, que je travaillerai à titre bénévole.”

Une entreprise qui réservait une nouvelle surprise à Shore : il a découvert qu’en fait, il n’était pas le premier Shore à avoir écrit un livre sur la Genèse ! “Le grand-père de mon père, Barouch Shorr, était un célèbre chantre de Lemberg, que l’on appelle Levov aujourd’hui”, dit-il. “Il a écrit deux livres, l’un sur les Ecclésiastes, l’autre sur la Genèse, qu’il a appelé Bechor Shorr et qui a été publié à Lemberg en 1873. Je n’ai appris l’existence de cet ouvrage que bien après la parution de celui que j’ai moi-même écrit avec le professeur Radday. Encore une coïncidence…”

Par YOCHEVED MIRIAM RUSSO

Rédigé par JSS le Dec 23rd, 2009 

Rien n’a changé !!!!  un antisémitisme honorable

 

Un article capital qui date de 1969 et qu'il faut lire à tête reposée. Tout était prévu ! L’antisémitisme honorable

Jean Amery a publié cet article le 25 juillet 1969 dans le journal Die Zeit. Nous le publions aujourd'hui sur Primo car cet article surprend tant par son actualité que par le style de ce grand écrivain que fut l'auteur de "Par delà le crime et le châtiment".

Jean Améry, un des plus grands écrivains autrichiens, plus connu sous son vrai nom, Hans Mayer, est né à Vienne le 31 octobre 1912. Opposant au régime nazi et rescapé d'Auschwitz, il se suicide à Salzbourg le 17 octobre 1978.

De Gaulle est tombé. Plus d’un s’en est trouvé ému, comme le fameux grenadier de Heine. Moi aussi, moi aussi.

Malheureusement, à New York, le délégué français à l’ONU, Armand Bérard, ne trouva rien de mieux pour exprimer son émotion que de s’exclamer (Le Nouvel Observateur du 5 mai 1969) : "C'est l'or juif !" Et aucun démenti.

Main droite, main gauche, tout se confond par la grâce de l’antisémitisme et, comme cela s’est dit chez Stefan George: "... il arrache l’anneau."

Le phénomène classique de l’antisémitisme revêt un manteau neuf. L’ancien reste en place, une forme de coexistence dirons-nous.

Ce qui a été reste et restera : le Juif au nez crochu et aux jambes torses qui devant n’importe quoi – que dis-je ? – qui devant tout prend ses jambes à son cou. Et c’est ainsi que le montrent les affiches et les tracts de la propagande arabe, matériel auquel doivent bien contribuer des hommes bruns autrefois de langue maternelle allemande, dissimulés aujourd’hui sous des noms arabes.

Quant aux nouvelles représentations du Juif, c’est juste après la guerre des six jours qu’elles ont fait leur apparition sur la scène où elles s’installent peu à peu : c’est l’image de l’oppresseur israélien qui, du pas triomphant des légions romaines, s’empare de la terre de palestiniens pacifiques.

 

L’anti-Israël, l’anti-sionisme, dans la plus pure continuité avec l’antisémitisme d’antan : aucune contradiction entre l’oppresseur-légionnaire au pas fier et le poltron aux jambes torses.

 

Comme ces images se ressemblent !


Ce qui est nouveau, c’est la colonisation de la gauche par l’antisémitisme sous le masque de l’anti-Israël. Autrefois c’était le socialisme des imbéciles. Aujourd’hui, il s’agit d’en faire une partie intégrante du socialisme, si bien que tout socialiste se fait imbécile de son plein gré.

Le processus se donne déjà à lire dans l’ouvrage de Givet paru il y a déjà plus d’un an chez Pauvert, La Gauche contre Israël. Mais il suffit pour trouver des précédents de lire par exemple l’un des reportages paru dans le journal Konkret sous le titre "Le troisième front" avec cet intertitre : Israël est-il un état policier ?

Question bien évidemment purement rhétorique puisque c’est ce qu’il est. Et le napalm sur les maisons de paisibles paysans arabes, et les pogromes d’arabes dans les rues de Jérusalem. Et on s’y connaît ! C’est comme au Vietnam ou comme ce fut le cas en Algérie. Le trouillard aux jambes torses se présente maintenant comme un Goliath qui répand la terreur.

Après les partis communistes plus ou moins orthodoxes de l’Occident et après les pays du camp socialiste, pour qui, sur fond de l’antisémitisme traditionnel des peuples slaves, l’anti-Israël entre dans la stratégie et la tactique d’une certaine constellation politique, ce discours est devenu le discours de toute la gauche.

Les étoiles ne mentent pas ; les Gomulka savent sur quoi ils peuvent tabler : C'est de bonne guerre! Et là-dessus, pas un mot à retirer.

Le pire, c’est que la gauche intellectuelle, qui se veut libre de tout appartenance au Parti, reprend l’image à son compte. Pendant des années – pour parler de l’Allemagne – on a célébré les constructeurs de digues israéliens et les vaillantes jeunes filles en uniforme.

Le sentiment de culpabilité cédait la place à de la fausse monnaie.

Ca devait devenir ennuyeux. Une chance que pour une fois le Juif n’ait pas été brûlé mais qu’il apparaisse comme un vainqueur viril, comme lanceur de napalm, etc. Un soupir de soulagement traversa le pays.

Tout un chacun pouvait parler comme le Deutsche National- und Soldatenzeitung ; et tout homme ou femme de gauche de se trouver contraint à suivre la routine du jargon de l’engagement.

Une chose est sûre : l’anti-Israël comme l’antisionisme portent l’antisémitisme comme la nuée porte l’orage. Il peut parler une langue crue dans laquelle l’état d’Israël est « un état criminel».

Il peut aussi mettre des gants et évoquer une "tête de pont de l’Impérialisme" pour s’en prendre, avec l’intonation appropriée, à la solidarité mal comprise qui, à part quelques exceptions louables, lie pratiquement tous les Juifs à cet état minuscule ; et il peut encore s’indigner de ce que, à Paris, le baron Rothschild fasse supporter à la population française l’aide à Israël comme un véritable impôt.

L’antisémitisme fait flèche de tout bois.

 

L’infrastructure émotionnelle est là, loin de se limiter à la Pologne ou à la Hongrie.

L’antisémite "démystifie" l’état pionnier en toute bonne conscience. Il découvre que la création de cet état a toujours eu l’appui du capitalisme, sous la forme de la ploutocratie juive : mais cela, il ne peut l’exprimer aussi clairement ; ce serait un véritable lapsus idéologique.

Pourtant - c'est l'or juif! – personne ne va se tromper quant au bien fondé d’un pays qui est né d’une mauvaise idée, s’est établi là où il ne fallait pas, et qui a mené une ou plusieurs mauvaises guerres dont il est sorti vainqueur.

Les malentendus deviennent des vraisemblances. Je sais aussi bien que tout un chacun qu’Israël a objectivement le rôle malheureux de l’occupant.

Je ne cherche pas à justifier tout ce qu’ont pu entreprendre les divers gouvernements israéliens. Mes relations à ce pays que Thomas Mann décrivait comme un "pays méditerranéen, pas vraiment accueillant, désert de poussière et de pierres ", sont pratiquement nulles : je n’y suis jamais allé, je ne parle pas sa langue, sa culture m’est dans une très large mesure étrangère, sa religion n’est pas la mienne.

 

Et pourtant, le maintien de cet état m’importe bien plus que celui de n’importe quel autre.

Et nous en venons au point où s’arrête toute objectivité par rapport aux faits ou aux analyses et où l’engagement n’est plus affaire de lien librement consenti, mais affaire d’existence, le mot étant à entendre dans toute son épaisseur.

Concernant Israël, l’anti-israélisme d’aujourd’hui (comme l’antisémitisme passé de mode mais toujours prêt à s’y insinuer de nouveau) considère que se confirme dans son existence subjective quiconque « y appartient » d’une façon ou d’une autre (“Juifs : personnes qui, aux termes de la loi sur la citoyenneté du Reich du 15 Septembre 1935, passent pour Juifs”), parvenant ainsi (peut-être pour cela même) à une objectivité qui tend à prendre le caractère du droit naturel.

Car on aboutit enfin à la pensée la plus simpliste, qui s’avère la plus fondamentale et la plus pertinente, celle qui aboutit à la prise de conscience que ce pays de pionniers (fût-il, selon une théologie pseudo-marxiste perverse, en état de péché de haut développement technologique), serait, de tous les états de cet espace géopopolitique, le plus dangereux.

Victoire, victoire, et encore victoire : la catastrophe menace, inévitable : Israël sera une simple région dans une fédération palestinienne.

Les états arabes, auxquels je souhaite paix et prospérité, devront finir par prendre en compte les succès d’Israël en matière de développement. Leur supériorité numérique fera le reste.

Cela suppose en toute circonstance le soutien à l’Etat d’Israël, jusqu’à ce que la paix, le développement économique et technologique des Arabes parviennent à la stabilité générale que leur garantira la reconnaissance d’Israël à l’intérieur de frontière sûres.

C’est ici que le sentiment subjectif qui se veut objectivité historique trouve sa pertinence. L’existence d’Israël est indispensable à tout Juif, quelle que soit sa résidence ("Juifs : personnes qui, aux termes de la loi… etc. ”).

 

"Va-t-on me contraindre à renoncer au niveau de vie de Johnson ? J’y suis prêt” s’exclamait à la veille de la guerre des six jours Claude Lanzmann, publiciste français d’extrême gauche, disciple de Sartre.

 

Il savait ce qu’il disait et ce qu’il voulait. Car tout Juif, qu’il en ait ou non conscience. est le “Juif de la catastrophe”, voué à un destin fatal.

 

Fous le camp, Juif au teint blafard !" écrivent des militants des Panthères Noires sur les boutiques et les maisons de commerçants juifs de Harlem, oubliant d’un cœur léger l’ancienne alliance qui unissait Juifs et Noirs aux Etats Unis, alliance qu’aujourd’hui encore le plus bourgeois des commerçants juifs n’a pas dénoncée.

Qui peut garantir que pour la grande fête de la réconciliation, un gouvernement américain n’en viendra pas à jeter le Juif en pâture au Noir ?

Qui peut assurer les juifs français qui ont de l’influence et parfois de l’argent que les héritiers des Drumont, Maurras, Xavier Vallat ne vont pas retrouver une nouvelle virulence ?

Qui peut parier que Monsieur Strauss une fois au pouvoir n’aura pas certaines idées, à partir de quoi un certain magnat de la presse pourrait se sentir couvert pour offrir de nouveaux dons honteux à un gouvernement israélien qui serait prêt à se laisser annexer ?

 

Personne ne garantit rien.

 

Ce n’est pas un fantasme paranoïaque ; ce n’est pas la simple appréhension du danger que connaissent tous les humains. Le passé, et le passé le plus récent, brûle encore.

Et pourtant, chaque ami de gauche me dira que moi aussi je m’engage dans la grande armée de ceux qui, avec six millions de morts (ou après tout, cinq ou peut-être même quatre millions) contribuent à faire pression sur l’opinion.

Le risque est à prendre : il est moindre que celui que les amis de gauche me proposent quand ils plaident pour qu’Israël règle ses comptes tout seul.

La raison pratique et politique exige que la solidarité d’une gauche qui ne voudrait pas se renier (sans que ce faisant elle doive ignorer le destin insupportable des réfugiés arabes) s’étende à Israel, et même se concentre sur Israël.

Cette nécessité n’a pas le même caractère impératif pour le non juif de gauche que pour le Juif, que celui-ci soit politiquement de gauche, du centre, de droite ou de nulle part. On peut sortir des rangs de la gauche ; mais personne ne laisse sortir quiconque de la condition de juif.

Un antisémite comme Lanz-Liebenfels le savait bien. Il est vrai que la gauche a sa loi morale non écrite, impératif absolu : "Là où il y a un plus fort, toujours être du côté du plus faible ".

Quelle trivialité insurmontable quand les plus forts - qui oserait dire le contraire ? – ce sont les Arabes : plus forts en nombre, plus forts en pétrole, plus forts en dollars (qu’on aille voir du côté d’Aramco et du Koweit), plus forts, bien évidemment, en potentiel d’avenir.

Pourtant la gauche semble ouvertement liée aux courageux partisans palestiniens, apparemment plus pauvres que les hommes de Moshe Dayan. La gauche ne voit pas que malgré Rothschild et une classe moyenne juive américaine aisée, le Juif est à ce compte plus mal loti que les colonisés de Frantz Fanon.

Elle le voit aussi peu qu’elle ne voit le phénomène des Juifs engagés dans la lutte anti-impérialiste contre l’Angleterre.

Enfin, ce n’est tout de même pas la faute des Israéliens si l’Union Soviétique a oublié les paroles que Gromyko prononça en 1948 devant l’ONU avec un si beau vibrato : " Pour ce qui concerne l’état juif, son existence est un fait, que cela plaise ou non (…) La délégation soviétique ne peut s’empêcher d’exprimer son étonnement devant la mise en avant par les états arabes de la question palestinienne. Nous sommes particulièrement surpris de voir que ces états, ou tout au moins certains d’entre eux, ont décidé de prendre des mesures d’intervention armée dans le but d’anéantir le mouvement de libération juif. Nous ne pouvons pas considérer que les intérêts vitaux du Proche Orient se confondent avec les explications de certains politiciens arabes et de gouvernements arabes auxquelles nous assistons aujourd’hui. "

Ainsi s’exprimait l’Union Soviétique, une grande puissance qui pratique une politique de grande puissance et qui, à la longue, ne pouvait pas ignorer le fait patent qu’il y a plus d’arabes que de juifs, davantage de pétrole arabe que juif, que des bases militaires dans les pays arabes ont une plus grande valeur stratégique qu’en Israël.

Mais la gauche, au sens large et même le plus large, et tout particulièrement la gauche protestataire à laquelle je me sais lié sur de vastes sujets, n’est pas contrainte aux faux fuyants auxquels ont recours les grandes puissances.

Elle se doit, selon la loi qui la définit, de se rendre au verdict de la raison ; et la raison pointe la faiblesse tragique de l’Etat juif et de chacun des Juifs de la diaspora, elle pointe ce qui se cache derrière les coulisses de la classe moyenne d’une bourgeoisie juive, derrière le mythe de l’argent et de l’or des Juifs (du Juif Süss aux Rothschild d’aujourd’hui et à quelques pontes de Hollywood).

Il arrive que les Juifs manipulent des capitaux. Ils ne les contrôlent jamais. Ils ont aussi peu leur mot à dire aujourd’hui à Wall Street qu’autrefois dans l’industrie lourde de l’Allemagne guillaumienne.

L’Etat d’Israël n’est pas plus aujourd’hui un bastion du capitalisme qu’il ne l’était à l’époque où les premiers pionniers y labouraient la terre, aussi peu que les états arabes peuvent raisonnablement être considérés comme progressistes.

 

La gauche, et c’est un grand chagrin, la gauche ferme les yeux.

Le hasard m’a mis entre les mains un texte de Hans Blüher : "On ne peut écrire une histoire véritable de l’Europe comme cela s’est fait jusqu’à présent, à savoir une histoire où un Juif apparaît ça et là de façon anecdotique… la représentation devrait bien plutôt faire apparaître le pouvoir historique du monde juif comme celui d’un empire caché à l’activité incessante."

Ce texte pourrait se trouver tel quel dans l’une des nombreuses publications pseudo intellectuelles en arabe, celles dont la presse est inondée. Et Blüher – mais aussi Streicher, car l’antisémitisme ravale au même niveau les différentes intelligences –peut être à l’origine de ce que le ministre de l’éducation d’un état aussi progressiste que la Syrie écrit au directeur général de l’UNESCO : "La haine que nous inculquons à nos enfants est une haine sainte."

Ceci vaudrait à peine d’être mentionné, et cet idiot de Blüher pourrait dormir dans la paix de l’oubli si la gauche intellectuelle de l’Europe de l’Ouest (y compris quelques Juifs entraînés par la haine de soi comme Maxime Rodinson) ne s’était emparée de ce vocabulaire et n’avait adopté le système de normes véhiculé par ce lexique.

Si, à partir du sort fatal réservé aux Juifs du fait de l’antisémitisme, et qui n’est pas sans rapport avec la fondation de l’état d’Israël tel qu’il existe aujourd’hui, l’idée d’une culpabilité juive en vient à se répandre, alors la responsabilité de la gauche y est engagée, la responsabilité d’une gauche qui se renie elle-même.

"Dans son fond, l’antisionisme est un phénomène réactionnaire qui s’est développé à partir des discours progressistes et révolutionnaires de l’anticolonialisme appliqués à Israël" écrit récemment Robert Misrahi, philosophe français qui, comme Claude Lanzmann, appartient à la famille des sartriens.

Le moment est venu d’une révision profonde et d’une nouvelle autocritique de la gauche ; car c’est elle qui donne à l’antisémitisme une respectabilité dialectique méprisable.

L’alliance des antisémites à la Spießer avec les barricades est contre nature ; c’est un péché contre l’esprit, pour rester dans la terminologie de notre thème.

Des gens comme le général polonais Moczar peuvent reprendre les termes d’un antisémitisme avéré pour les appliquer à Israël aujourd’hui, la gauche, elle, se doit d’être plus conséquente : il n’y a pas d’antisémitisme respectable.

Comme le dit Sartre dans ses Réflexions sur la question juive, « Ce que souhaite et prépare l’antisémite, c’est la mort du Juif ».

Jean Amery © Traduction de C. Veken pour Primo


(Merci à Marc Nacht)

Contrôle des armements


Le président Obama apprécie les moments où il apprend quelque chose; alors parlons de la leçon de cette semaine sur la théorie et la pratique du contrôle des armements.

Devant l'Assemblée Générale des Nations Unies à New York, le président a fait un sermon éloquent sur "un monde sans armes nucléaires". Il a proposé un traité pour contrôler les nouvelles armes et il a obtenu le soutien du Conseil de Sécurité pour une vague résolution au sujet de la non-prolifération des armes nucléaires. Puis hier, l'Iran a montré au monde entier ce que les états voyous déterminés pensent de ces traités.

Mais, à l'image de sa présidence jusqu'à ce jour, Mr Obama ne laissera pas la réalité interférer dans ses rêves de désarmement (1).

Car on venait de découvrir que l'Iran avait une 2ème unité d'enrichissement d'uranium non déclarée à l'AIEA (Agence Internationale pour l'Energie Atomique), la dernière des duperies iraniennes, mais elle n'a pas beaucoup surpris. L'administration américaine affirme que le Renseignement du pays connaissait déjà cette usine souterraine et secrète près de Qom, depuis des années. Après la découverte du site de Natanz en 2002, l'Iran a cherché à cacher de nombreux autres sites. Aujourd'hui les officiels américains disent qu'ils soupçonnent l'existence d'autres usines cachées.

Hier, les Etats-Unis, la France et le Royaume Uni ont communiqué à l'AIEA les preuves détaillées de cette 2ème usine. Ayant eu vent de cette découverte par le Renseignement américain, l'Iran s'est empressé de signaler à l'agence de Vienne -- supposée surveiller toute unité nucléaire ! – "une usine-pilote nucléaire pour usage civil". On se demande pourquoi les mollahs se sont donnés tant de peine pour expliquer, utilisant les mensonges habituels (2). L'expérience de la dernière décennie a montré l'ineptie et l'irresponsabilité des efforts internationaux pour surveiller, contrôler et sanctionner le programme nucléaire iranien.

Les inspecteurs de l'AIEA sont autorisés à inspecter l'Iran depuis 1992, mais ce sont les groupes d'opposition en exil qui ont dévoilé le programme militaire de l'Iran et pas l'AIEA. En dépit des violations permanentes de ses engagements, la communauté internationale n'a rien fait pour punir l'Iran, encore moins pour arrêter son programme nucléaire (3).

 

Et aujourd'hui, rien n'a changé. Avant le sommet du G20 à Pittsburgh, les dirigeants des Etats-Unis, de France et du Royaume Uni, debout et portant le masque du jeu politique, ont demandé à l'Iran de recevoir immédiatement les inspecteurs de l'AEIA. De nouvelles dates limites ont été fixées – des pourparlers commençant le 1er octobre, des sanctions plus dures prévues en décembre – et on recommence… François Sarkosy a dit: "Il faut tout mettre sur la table, maintenant !". Au moins le président français a essayé de montrer une certaine fermeté, ce qui est aisé à côté de Mr Obama. L'Américain a dit que l'Iran devra rendre compte, atténuant aussitôt ses propos, en précisant que l'Iran "avait droit au nucléaire civil pacifique", comme si les mollahs, assis sur des réserves de gaz, les 2èmes les plus importantes du monde et des réserves de pétrole, les 3èmes les plus importantes, avaient un besoin urgent d'énergie atomique pacifique.

Mais les Iraniens en ont vu d'autres, des pourparlers avec les E3, et aujourd'hui avec les P5+1 (Les 5 membres permanents du Conseil de Sécurité de l'Onu + l'Allemagne). L'Iran a toujours ignoré toutes les résolutions de ce Conseil et n'a respecté aucun engagement en tant que signataire du "Traité de non Prolifération Nucléaire". N'oublions pas non plus l'encouragement reçu par l'Iran en 2007, quand l'Agence américaine du Renseignement (NIE) avait conclu que l'Iran avait arrêté son programme militaire nucléaire en 2003 et l'avait gelé depuis…. L'espionnage américain était parvenu à cette conclusion douteuse, alors qu'apparemment il était au courant de l'usine secrète de Qom … Et depuis cette date, la nucléarisation de l'Iran a perdu son caractère urgent, si cela ne l'a jamais été dans l'esprit des divers dirigeants américains. Grâce à ce rapport NIE, l'Iran a eu à la fois le temps et la couverture.

Cette semaine, dans une interview au Time Magazine, Mahmoud Ahmedinejad n'avait nullement l'air préoccupé, disant que si les Etats-Unis mentionnaient cette usine secrète, "il fallait l'ajouter à la liste des sujets pour lesquels l'Amérique devait s'excuser devant la nation iranienne".

Cet été, malgré les violentes protestations de la rue du fait de la fraude massive aux élections présidentielles, Mr Ahmedinejad a gardé le pouvoir, mais il semble à la fois affaibli et impitoyable. Il continue de proférer des menaces explicites contre Israël et nie encore plus fortement l'Holocauste aux Nations Unies.

En attendant, les Etats-Unis et ses alliés rêvent. Obama a utilisé le forum mondial, non pas pour rallier les pays afin d'arrêter et sanctionner les états voyous nucléaires, mais pour offrir de "gentilles" visions de désarmement, pour un avenir lointain.

Dans les années amères de la Guerre Froide, nous avons appris à nos dépens que les seuls pays qui respectaient les traités de désarmement sont ceux qui veulent être désarmés. Il devient de plus en plus et dangereusement évident que Mr Obama n'y a jamais fait attention. (4)

(1) Au-delà de l'idéologie gauchiste, ou de l'excuse de l'inexpérience et de la méconnaissance des problèmes traités ou du rêve-utopie comme certains l'ont proposé, on pourrait émettre une autre hypothèse, celle qui dit qu'Obama roule pour l'affaiblissement des Etats-Unis, dans le but de faire remplir le vide qui s'ensuivra par les forces montantes de l'islam radical, qu'elles soient sunnites ou shiites. Cette hypothèse est étayée par les discours délirants d'Obama en faveur de l'Islam et son comportement  vis-à-vis d'Israël, cherchant à lui enlever, avant toute négociation sérieuse, ses 2 atouts majeurs, les implantations en Judée-Samarie et son armement nucléaire de dissuasion.

A aucun moment, on ne peut croire aux excuses qu'Obama serait un ignare des problèmes du Moyen Orient ou un utopiste de la paix.

(2) M Ahmadinejad a affirmé que ce nouveau site ne sera pas opérationnel avant 18 mois, ce qui selon lui ne constitue pas une violation vis-à-vis de l'AIEA. Ceci est faux, car le règlement stipule que chaque pays doit notifier la mise en chantier de tels sites dès le départ. Par ailleurs, un porte parole d'Ali Khamenei a reconnu que l'Iran s'était bien moqué de l'Occident et, dès son retour à Téhéran, Ahmedinejad a dit que cette usine était un "un coup contre l'arrogance de l'Occident"

(3) Les usines d'enrichissement d'uranium de Natanz et de Qom permettront à l'Iran de fabriquer 4 bombes nucléaires par an, à commencer en 2010. Des missiles porteurs d'ogives nucléaires seront prêts également l'an prochain ainsi que des détonateurs nucléaires. L'Iran a également un programme parallèle de fabrication de bombes à partir de plutonium.

(4) Les Etats-Unis ne sont pas intéressés par un bombardement de l'Iran et les ayatollahs le savent. Robert Gates a bien précisé que toute attaque, américaine ou israélienne, ne ferait que retarder l'échéance d'un à trois ans et qu'il faudrait recommencer. C'est pourquoi, il préconise … de négocier. Ceci signifie qu'Israël est livré à lui-même dans sa décision d'attaquer ou non les installations nucléaires iraniennes. Le conseiller d'Obama, l'antisémite Zbigniew Brzezinski, a même dit au "blog The Daily Beast" qu'il faudrait abattre les avions israéliens s'ils survolaient l'Irak pour aller attaquer l'Iran. En fait, les Etats-Unis se sont résignés à un Iran nucléarisé au Moyen Orient, au grand dam des états arabes sunnites. Voir

 Editorial du Wall Street Journal – le 26/09/09


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